Votre tristesse a envahi mon silence Votre fatigue a dévasté mes membres Votre lassitude a anesthésié mon cerveau
Vos mots... Ces pauvres meubles flottants dans un espace banal. Ils se faufilent tout doucement pour contaminer les courants d'air Ils se déguisent en images défilantes dans un écho grave de foule. Leurs infrasons traversent le noir de mes lunettes et s'installent sur ma rétine. Ils y gravent leurs volontés. Mes yeux ne disent plus que vos phrases et ne voient plus que vos images
Les courants d'air ont changé Comme les temps.
Résistance
Ta voix sur ma rétine renvoyée par mes lunettes noires captée dans un courant d'air créé par ton simple souffle propage un air de résistance masqué sous des mots interminables d'un bavardage hypocrite.
Je réponds à ton invitation.
Je fais semblant, je perds la tête, je tourne, je tourne, jusqu'à créer mon prpore courant d'air... Centrifuge qui emporte vos bagages loin de mes neurones. Je me libère dans ma tempête Et mes tornades finissent par s'alléger... se purifier de vos déjections verbales. Et je les laisse me bercer, me balancer, me faire chanceler, danser, tituber, bousculer, bouleverser dans une ivresse jouissive.
Fusion
Dans le vertige de nos courants d'air réunis Mes cellules suroxygénées se sont dissociées pour se mixer aux tiennes Que chacune baigne dans le flot de nos images ramenées par la brise de nos souffles Nos gènes s'embrassent, se brassent, s'échangent des morceaux en souvenir de l'instant Le jour se lève, les tempêtes regagnent leur lit.
Indépendance
J'ouvre les yeux Dans ce couloir aéré, tes histoires chuchotent dans mes oreilles une pile d'images respirant de fluorescence.