lundi, mars 17, 2008
mercredi, mars 12, 2008
Acrobate
Si nous ne lâchons pas le fil, c'est que nous avons peur qu'il n'y ait rien pour nous rattraper au fond.
Certains ont pris le risque, je n'en ai eu aucune nouvelle.
Nous avons compris, ce n'est pas la solution. Le sang n'est plus qu'une illusion de la Liberté. Il nous emmènerait juste dans une couche de l'univers ou l'on doit courir éternellement vers le mirage. Seule l'envie d'espace serait assouvie; celle du bonheur, oubliée.
Alors nous tenons bon, même si le fil nous coupe les doigts. Non par conviction, mais seulement parce que nous ne voulons pas prendre le risque.
Nous ne fuirons pas un monde ou nous avons l'espoir d'un changement, vers un autre ou nous risquons d'être immobilement suspendue à jamais.
Nous allons donc résister jusqu'à ce que le fil lâche, ou que nous ayons les doigts coupés. Et si rien ne sera là pour nous rattraper, aspirons l'air de la vie le temps de la chute. Une réserve pour un avenir incertain... Qui sait?
mardi, février 05, 2008
Scribe '

Bonjour
Je suis le Scribe
L'esclave refoulé
J'écris la Liberté
Je suis le Scribe
Je fais saigner mon encre pour écrire vos désirs
Pour enfouir les miens
Je suis le Scribe
Je vous libère de vos amours, de vos haines, de vos actes
Je vous fais parler, avouer, jurer et blasphémer
Je suis le Scribe
Muet
Je connais tous vos secrets
Scribe
Je noies ma haine dans mon encre
Ma détresse, mes poèmes, mon silence, mes révoltes, mes péchés, mes chansons, mes cauchemars, mes humeurs, mes crimes rêvés
Mon encre est NOIRE
Et mes mains blanches distribuent le Noir, de plus en plus noir, au fil des minutes, des heures... des décennies
Bonjour
Je suis le Scribe
Vautré, soumis, silencieux
J'essaie de temps à autre de faire glisser une lettre, un signe, une aile
Vous froncez du sourcil?
L'auriez-vous deviné?
Je les passe dans le Noir
Et mon encre prend plus de volume, visite une nouvelle dimension
Mon corps se rappetisse, laisse l'espace aux mots
Je suis le Scribe
Je suis l'esclave de mes rêves
Je suis l'esclave de vos mots libres, des miens opprimés.
samedi, février 02, 2008
Toile
Je me suis tu
Même si les phrases étaient là
Je sais leur effet
Je me suis tu
Je me fais araignée
Elle n'aurait pas compris, probablement
J'ai offert ce bout de mémoire à mon autre face, amnésique
C'est normal
Je me fais araignée
C'est normal
Bientôt, la guérison
Et de nouvelles images obsèderont mes paupières et de nouvelles histoires, mes neurones
Je me fais araignée
Je sais
Bientôt, la guérison
Bientôt, je ne saurai plus.
Je me fais araignée
Je tisse éternellement ma toile
Sans rancune envers les destructeurs
Je tisse et je tisse
Je suis l'araignée
Où que je sois
Mon destin est de tisser
Alors, c'est normal
mercredi, janvier 23, 2008
Tawa
Une Vie Divine
Juste là
Je m'affole sous mon masque. Je reste parallèle, comme Rien, à ce monde.
vendredi, janvier 04, 2008
Wake Up - Renouveau

Ma réserve de mots annuelle de nouveau alimentée, j'use de mes premières phrases pour souhaiter par cette nouvelle année un concentré de bonheur... Aux gentils qui le méritent... Aux vilains méchants pour qu'ils aient de quoi s'occuper :)
A bientôt, pour de nouvelles énigmes, toujours accessibles à ceux qui aiment imaginer.
vendredi, octobre 19, 2007
Offrande_ Double temps
Le silence des grains du sablier m'insupporte
Alors je me demande pourquoi patienter tant d'années si le résultat est le même.
Préparer l'After? Ou le souvenir que l'on doit laisser chez les vivants -qui me suivront- , graver son nom dans une Mémoire collective?
Il s'agit peut-être d'un séjour offert, à optimiser, à customiser...
Je trie dans les options
J'ai bien le droit de savoir, non?
Moi... Et l'Autre... Qui aurait pu être moi... Qui aurait pu être l'Autre... En moi
Je subis
Je fixe les couleurs pour en imbiber mes souvenirs
Elles seront peut-être délavées par la pluie avant que j'en détourne le regard
Alors je vais m'endormir et laisser nus mes poignets
Pour agrandir tes rêves et rétrécir les miens
Je t'offre mon attente qu'étouffe mon impatience
Découvre ta vie dans le vert de mes veines
Passe tes mains sur tes joues pour garder l'empreinte de mon Rouge
Mélange tes grains aux miens pour tromper le temps.
dimanche, septembre 02, 2007
Magma
Filles de son absence
Volcans de mes nerfs
Les laves électriques tétanisent ma pensée
zOOm
Passage au crible
Capturer ses empreintes
Contorsions dans l'imagination
Pour cacher l'handicap
Je bafouille et lâche les mots des autres en attendant le dégel de ma voix
Opprimée par la malédiction de l'incompréhension sorcière
Je programme la mimique sereine
Et de l'intérieur du coprs , les convulsions réveillent le magma
Le rouge gicle et couvre le deuil d'espoir.
mardi, juillet 31, 2007
汝
dimanche, juillet 22, 2007
vendredi, juillet 13, 2007
Débordement
Je vous disperserai sur cet oreiller, et je vous raconterai les épisodes manqués dans le noir.
Vous coulerez sans retenue et vous réchaufferez mon visage dans votre glissement.
Je vous conterai mon coeur assourdissant, mon estomac qui se tord, mes mains qui tremblent, mes lèvres frémissantes de colère, mes veines prêtes à s'ouvrir, mon sang qui veut vous accompagner le temps de votre voyage avant de laisser à jamais mon corps étendu et léger.
Ce soir, je vous dirai ma solitude
Mes rêves si faciles, si impossibles
Mon silence qui comprime mon cerveau
Son amour qui me courbe le dos
Son amour caché dans mon ombre indétachable
Mes mains gercées par son absence
Mon corps clamant son contact
Son incompréhension
L'insécurité
L'insécurité pathologique
La culpabilité gratuite
La culpabilité
La culpabilité
Mes larmes, apprenez ma lâcheté, ma vie incertaine, ma peur de l'oubli, mon angoisse d'être un éternel passé menaçant mon coeur à chaque réveil, m'imposant la patience... en silence.
Ecoutez moi, sachez votre histoire, votre naissance après le big bang émotionnel, la raison de votre emprisonnement et celle de votre libération.
Mes larmes, je ne peux plus vous contenir. Je ne peux plus contenir quoi que ce soit. J'ai besoin du vide, d'insensibilité.
J'ai besoin de dormir, longtemps, très longtemps. De me réveiller et de retrouver un(son) sourire à mon chevet qui m'attend, qui m'embrasse, pour se fixer définitivement sur mes lèvres.
Ce soir, peu importent les mots, je ne veux plus faire attention, je veux juste vous libérer, pour que vous emportiez mes histoires, pour m'offrir la paix. Je suis fatiguée de passer mon temps à combattre le malheur, je veux juste côtoyer le bonheur, simplement.
Coulez à flots avec mes confessions, évaporez-vous et voyagez dans l'atmosphère. Ne me revenez plus, vous n'êtes plus les bienvenues.
mercredi, juillet 11, 2007
Troc

Si je pouvais échanger mon âme avec ce passant...
Mon âme qui te guette contre le sommeil serein
Reconnaitrais-tu le verso de mon visage?
Continuerais-tu à fouetter le versant de mon dos, à me marquer de l'intérieur?
Verrais-tu mon âme filer de mes yeux avant d'être remplacée par l'autre?
La suivrais-tu?
La récupèrerais-tu?
La garderais-tu chaudement dans tes bras avant de me la rendre?
Me la rendrais-tu?
Penserais-tu à échanger ton âme contre la mienne pour que l'on se reconnaisse ou que l'on aille?
Avant qu'un autre échange ait lieu?
Tant que c'est encore possible de se reconnaître...
Y penses-tu?
mercredi, juin 27, 2007
VocalYse
Obéis à mes paroles
Et touche le son de ma voix
Parcours-le du bout des doigts
Du bout des ongles
A la faire frissonner
Joue
Attrappe près de mon larynx mes cordes vocales
Serre les
Accroche-toi
Ma chanson va t'emporter au gré de ses notes
Caresse le vent de quelques pas de danse
Et laisse tes synapses s'engourdir
Accroche-toi
Et
continue
à
glisser
Il t'arriverait malheur de lâcher aussi tôt
Je te vois en transe
Yeux mis clos
Enivré par les accords
Je la disperse comme une rumeur obsédante dans tes oreilles inconscientes
En bruit de fond
Je la murmure tout doucement en accompagnant la chanson de mon coeur saignant depuis mes cordes vocales
Ma voix suinte
Larmes de douleur
Sueur du solstice
Le volume baisse
Et les aigües ne sont plus audibles
Le timbre de ma voix ressemble désormais à un souvenir appelé du fond d'un puits
Ne t'accroche plus... Ma complainte doit toucher à sa fin.
mardi, juin 12, 2007
S/He
Son cœur plein à craquer
La phobie du vide le remplit à l’étirer
Pour le remplir encore
Il a mal
Et Elle lutte
Elle emprunte des forces aux objets, au néant, aux exemples, aux livres, aux discours, aux personnages
Elle arrache l’oxygène aux arbres
Il regarde le ciel, la bouche grande ouverte
Il attend son rendez-vous avec la pluie
Elle imite le sourire des gens heureux pour cacher le rictus de la douleur
Le décolle de ses lèvres et le fixe sur la bouche de l’autre
Qui lutte
Pour exister un jour de plus
En attendant que le sourire qu’Elle imite finisse par lui appartenir
Pour inspirer du vert
Et expirer le mal
Elle lutte
Contre les fils qui s’emmêlent autour de son cerveau
Il lutte
Pour que son regard continue à veiller sur Elle
Une minute de plus
Pour la minute d’après
Ils s'envoient leurs dernières pensées
Avant qu’elles ne soient ensevelies
Avant qu’elles ne deviennent cendre
jeudi, mai 10, 2007
Instinct de survie

J'ai peur de mourir
J'ai peur d'une déshydratation mentale
J'ai peur du vide
Et si l'encre devenait rare?
Et si les arbres refusaient de me fournir de quoi écrire?
Et si vous hantiez mon cerveau?
Et si vous étouffiez mes images?
Et si vous bloquiez mes pensées?
Et si vous décidiez de nouer ma langue?
Que je ne puisse même plus dicter mes paroles
Et si vous faisiez de moi un nègre?
Ou un scribe?
Que je n'écrive plus que ce que me dicteraient vos volontés?
Dictée sur dictée
Diktat sur mon esprit
Sur un fond de tic tac hypnotique
Je me couperais les doigts
Autant de doigts qu'il en faudrait
Je laisserais à mon sang la liberté de gicler sur les terres et sur les murs
D'écrire ce bon lui semblerait sur vos visages et vos corps
Il arrosera votre arrogance
Il tatouera vos rondeurs de marques irréversibles
Je me séparerai de mon esprit
Je le soufflerai dans un creux d'arbre
Il se nourrira de sève et de liberté
Sous le regard de vos griffes impuissantes
Mon plan est tracé
Je n'ai plus peur de mourir
Mon esprit est là
Peu importe le corps qu'il possède
Il saura fuir les dictées et fredonner ses propres refrains
Si vous êtes là
Attention à vos corps et ses orifices
Mon esprit rôde dans les parages...
lundi, avril 23, 2007
Message crypté
Parler jusqu'au dessèchement
Te dire..
te dire que...
Et que
Mais aussi que
Tu vois?
Je ne pourrais être plus claire
Plus lisible
Plus explicite
Je ne pourrai que répéter, répéter et répéter
Jusqu'à l'accablement
J'ai choisi mes mots, je les ai déversés et je n'en possède pas d'autres
Mes mots sont les meilleurs
Les reformulations seraient inutiles
Mes mots sont vrais, authentiques, originaux
Mes mots sont faciles, lisibles, compréhensibles
Mon encre est précieuse, indélébile
Ma voix
Je l'ai rincée et rincée, à la purifier
Ma voix est claire
Et mes mots sont fluides
M'entends-tu?
Me lis-tu?
As-tu compris que
Que
Et que
Mais aussi que
Dis moi que tu as compris
J'ai écrit à saigner
Ce serait trop dommage
Autant de feuilles ensanglantées
De salive évaporée
Et de mots incompris
Et je ne peux pas jeter ces piles de papiers noircis
Et je ne peux plus faire taire l'écho de ma voix résonnant dans ma tête
Je ne peux que répéter
Répéter
Répéter
Jusqu'au harcèlement
mercredi, avril 11, 2007
Lettre à Soleil

De ma fenêtre, il fait toujours gris
Et dans ma chambre, le froid pénètre les os
Tu comprends maintenant pourquoi je n'y entre que pour dormir
Dans ma chambre, le soleil ne passe jamais
Ou peut-être se cache t-il de ma vue
Ou peut-être profite t-il de mon absence pour passer sans laisser d'empreintes
J'ai essayé de le guetter, tu sais
Mais je crois qu'il a découvert mon plan
Je me suis cachée dans le placard et j'ai regardé à travers une petite fente
J'ai attendu
Attendu
Attendu
Mais il n'est pas passé
Peut-être ne m'aime t-il pas
Qu'as tu pu lui dire à mon sujet pour qu'il me haïsse autant?
Ou peut-être n'est il pas au courant de mon existence
Dois-je crier?
Dois je l'appeler
Ou dois je chuchoter tout doucement son nom et lui dire que je suis là
Que je l'attends
Depuis des années
Que je ne suis pas mauvaise
Que je ne demande pas l'exclusivité
Que je l'attends
Pour me chatouiller les yeux de ses rayons à l'heure du réveil
Pour m'effleurer de sa chaleur
Que je l'attends
pour un reflet de lumière dans mon sourire
Peut-être devrais-je lui écrire...
Oui sûrement!
Monsieur Soleil,
Non
et si c'était Madame Soleil?
Allons pour "Soleil" tout court
Soleil, Je t'attends tous les matins près de ma fenêtre. Mais je me réveille sur ce gris macabre qui peint ces horribles cernes sous mes yeux. Veux-tu faire un tour par ici? Je te laisse mon adresse. N'oublie pas quelques rayons et une vague de chaleur.
Ridicule, n'est ce pas?
J'ai essayé d'éviter ton sourire moqueur mais je le vois malgré tes efforts pour le dissimuler.
Je sais qu'il ne lira probablement jamais cette lettre, le vent en fera son cerf-volant sans fil
Je l'envoie tout de même... Qui sait!
En attendant
Fais de ma vitre ta toile
Dessine moi un soleil
Enorme
Doré
Rond
Plein
Brûlant
N'oublie pas le contour orange ruisselant de lumière
Et les rayons
Laisse les déborder sur les murs
Je veux raconter à mes amis mon bonheur
Leur expliquer ma couleur
Et leur dire:
De ma fenêtre, il ne fait jamais gris
Et dans ma chambre, la lumière transperce les corps
Dans l'espoir que Soleil reçoive un jour mon courrier
lundi, avril 02, 2007
Tapis rouge
Mes larmes
Et ma Terre
Ma Terre
Imbibée de ton sang
Que tu me laisses écraser de mes pas pressés
Ton sang que j'effleure à peine de mes semelles marquées
Mes pas qui touchent à peine le sol
Tu vois, je fais ce que je peux pour laisser ton sang intact
Même si la Terre assoiffée est impitoyable
Même si ton assassin s'en moque
Même si les autres t'ont déjà oublié
Mes larmes
Qui tracent leur chemin sur mon visage pour aboutir sur mes lèvres
Mes larmes
Recyclables
Mes larmes pleuvent
Sous des yeux qui pleurent ton sang et le mien
Mon sang
Qui attend d'accomplir sa destinée
Sur ma Terre ingrate
Ma Terre
Venge l'oubli par l'oubli
La sécheresse par le sang
La peine par les larmes
Tes larmes
Que tu m'as léguées avant de partir
Désormais m'appartiennent
Diluées dans les miennes
Et je continue notre chemin en abreuvant notre Terre de nos fluides mélangés.
mercredi, mars 28, 2007
Albinos

Blanc
Blanc
Epais
Opaque
Frigide
Rigide
Blanc albinos
Blanc
Sur des couches de blanc noirci par des mains souillées
Du blanc jusque la nausée
Du blanc puant l'eau de javel
Du blanc lavé aux powerballs bleus
Adouci au rose
Pour un blanc encore plus dégoulinant
Du blanc à vendre, du blanc à racheter, pour se racheter
Du blanc publicitaire
Achetez du blanc, mangez blanc, portez du blanc, blanchissez vos murs et votre intérieur
Poudrez les visages, grosses poupées de cire
Macérez vos peaux dans la blancheur fluide et ivoirienne
Blêmissez encore et encore jusqu'à obtenir le teint blafard jamais désiré
Débarrassez-vous de vos couleurs maudites
Jetez-les dans un un même sceau et mixez-les
Pour un blanc racoleur
Pour des rubans opalins momifiant vos corps laiteux
Je vous laisse jouir dans la lactescence bénite
Dans le tunnel aboutissant à la lumière
Et je regagne ma cachette jouer avec les djinns colorés.
