jeudi, juillet 20, 2006

"Le mot" au bord des yeux
Au bord des cils
Cherche une issue
Au moins dans une larme
Que je ravale
Pour me préserver
Quelques jours de plus..

lundi, juillet 17, 2006

Moment


En franchissant le seuil je lui ai dit: "Si tu commences à céder, tu ne vivras plus..." Elle m'a regardée, et j'ai compris. Si elle ne cédait rien, elle vivrait... Seule.
Et j'ai fermé la porte.

lundi, juin 26, 2006




Just breathing..

J'essaie. Et je me bouche les oreilles et j'évite ce regard et je change de sujet. Et je parle simplement, with simple words. Et je souris, bêtement, ce sourire pur que j'essaie d'arracher à mon enfance. Et j'oublie doucement. Et je laisse le soleil agir sur ma rancoeur... Summer is magic..:-)

mercredi, mai 24, 2006

Over

De ma main, j'ai poussé la porte de l'enfer

De sa main, il a serré fort mon coeur


Il m'a tirée violemment de la profondeur de mes songes psychédéliques
Je ne respire plus
Je cours vers la fenêtre lui mendier un peu d'air

L'espace est indéfinissable, je ne sais plus où je suis.

Sur la piste du doute, j'avance à pas de géant

Usure totale
Il faut arrêter

Je ne veux plus rêver

Banaliser banaliser banaliser
Pour mieux respirer

J'attends que tu me tendes la main, que ta voix caresse la torture vagabonde

Ton silence me fait perdre pied alors que tes mots auraient pu me sauver


Banaliser encore
Et oublier de temps en temps l'existence pour ne pas m'y accrocher

Il me l'a appris
Dans un message subliminal

Sortir alors de ce cerveau que martèle la Mémoire
J'essaie de quitter le sable mouvant
Plus je me bas, plus je m'enfonce

Je continue
Malgré tout
Peu importent les membres
Le visage respire encore
...

vendredi, mai 12, 2006

Réveil

Un an à balayer les traces du réel. Aujourd'hui c'est propre. Je passe aux rêves..

mercredi, mai 03, 2006

Insomnie

Pour chasser le vide, je n'ai que le blanc du papier à remplir. Pour masquer le temps, un flot de paroles qui s'accrochent à peine aux portes des années.

Mon existence n'est que bruits et mouvements.

Bruits.
Mouvements.

Et tel mon existence, intouchable je suis.

Qui suis-je?

Cet être invisible, insoupçonnable..
Si par mégarde tu le frôles, tu auras à jamais basculé dans les abîmes.
Tu garderas ta coque en surface, pour que tu sois "insoupçonnable" à ton tour.

Qui suis-je?

Un mélange de chair, de lumière et de feu qui se déchirent mon esprit avidement, sans relâche. D'ailleurs à force de déchirement, les lambeaux se perdent. Bientôt, mon esprit n'existera plus.

Et dans ma transparence, je crache au visage de l'oubli.
Je tourne le dos au vide et je cours.
Je cours.

Dans ma course, je verse l'encre sur les pages; je les noircis, sans les salir... Pour qu'on puisse retrouver ma trace si un jour on décide de me ramener des profondeurs.

Où suis-je?
Troubadour.. Je me promène dans les cauchemars des coupables, j'éponge leurs angoisses par mes chansons.

mardi, avril 25, 2006

Touriste dans un pays maghrébin de contrefaçon


Le personnage le plus sympathique pour moi ces jours-ci, Zakaria BOUALEM, un Taher ELFAZAA à la marocaine en version "moins gentille" et plus virulente laissant derrière chaque paragraphe un sourire aussi (ou même plus) persistant..

"Zakaria Boualem découvre la Tunisie, et plus le temps passe, plus il aime son pays.
Nom : Boualem

Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque

Pour les lecteurs irréguliers, rappelons que notre héros se trouve en Tunisie pour des raisons professionnelles. Je tiens à signaler que c'est la dernière fois que j'effectue des rappels à l'attention des lecteurs accidentels. C'est vrai quoi, vous n'avez qu'à acheter TelQuel chaque semaine, ou même en acheter deux, comme ça, Zakaria Boualem, qui est salarié comme sujet permanent peut changer de voiture. En plus, ça évitera d'avoir à rappeler chaque semaine des évidences comme il est Guercifi, il est susceptible, il est de mauvaise foi, il a failli avoir un bon salaire et la coupe du monde 2010 et du coup il est un peu négatif, etc... On gagnerait donc du temps et de l'argent. Et merci. En une semaine de Tunisie intensive, disions-nous, notre homme, Zakaria Boualem est passé par plusieurs phases que lon peut sans la moindre hésitation schématisercomme suit :

Phase 1 : le ravissement. Ca n'a pas duré très longtemps mais il est incontestable qu'en se promenant dans la ville de Tunis, notre homme a été frappé de constater un certain nombre d'éléments qui font la publicité du modèle tunisien. En vrac, les rues sont plus propres, plus mixtes aussi, les voitures sont plus neuves, les mendiants plus discrets, les dragueurs aussi. Les grands taxis tunisiens sont des minibus, ne s'arrêtent qu'aux stations, affichent leur prix et paient l'autoroute. Il faudrait être de mauvaise foi pour le nier : le Tunisien de la rue, globalement, a l'air d'avoir moins de problèmes que son homologue marocain pour achever de payer son crédit haouli 2001, surtout depuis qu'il s'est cumulé avec son frère jumeau haouli 2002 et toute sa descendance (dont je vous laisse deviner les petits noms).

Phase 2 : le malaiseComment vous expliquer ?
ça commence avec des petits détails. Un taximan désagréable, puis deux, puis tous. Le réceptionniste de l'hôtel qui désire savoir exactement ce que vous êtes venu faire en Tunisie. Cette équipe de moustachus costumés qui, dans le hall, vous dévisagent lourdement. Ce type qui surveille l'ascenseur sans jamais répondre aux bonjour des clients. Cette impression très nette que non seulement on vous surveille, mais qu'en plus on veut que vous en soyez conscients. Cette morosité généralisée. Cette presse unanime, monolithique, qui continue encore de refuser de relayer la moindre mauvaise nouvelle si elle concerne un service public. Si Le Matin du Sahara était tunisien, il serait sans doute considéré comme dangereusement subversif, presque punk en fait. Cette difficulté à rencontrer une identité tunisienne véritable. De la musique tunisienne ? Une cuisine locale ? Des vêtements traditionnels ? Rare, très rare. Zakaria Boualem a l'impression de se balader dans un pays maghrébin de contrefaçon.

Phase 3 : l'amour du pays. Plus le temps passe, plus Zakaria Boualem aime son pays. Coincé dans un hôtel furieusement années 80 pompeusement qualifié de 5 étoiles, il déprime en Tunisie. Oui, il y a un bien-être social mais naaaaaaaari, ça donne vraiment pas envie. Ce qui lui semble insupportable, c'est cette théorie qui explique que le bien-être social est justement dû à l'aspect sécuritaire du système. Que tant qu'on bouffe correctement, il faut s'estimer heureux et ne pas trop l'ouvrir. Cest une théorie largement partagée, surtout chez ceux qui n'habitent pas en Tunisie. Pour Zakaria Boualem, le droit d'ouvrir sa gueule est unique et indivisible : il peut être exercé pour manger ou pour grogner après le système. C'est un même bloc. Dans l'avion du retour, Zakaria Boualem se dit qu'il aura bien du mal à convaincre ses potes que le Maroc, côté démocratie, est en avance sur au moins un pays dans le monde. Habitué à gémir, à revendiquer, il n'aurait jamais pensé en arriver à une situation aussi surprenante que celle d'attendre avec impatience de se retrouver face à un douanier marocain."

1ère pensée à la lecture de cet article: C'est plus sympa quand c'est l'autre qui dit fort ce que l'on pense...;-)

vendredi, avril 21, 2006

Pensée

Le mot ne venait plus dans ma tête depuis un long moment, je croyais qu'il était résolu de ne plus venir. Des fois je me retrouve entrain de le dire rien que pour voir si son impact existe toujours mais il coulait transparent entre mes lèvres. Hier je l'ai senti... Il était là, la porte était entrouverte, et il en a profité. Et j'ai failli le dire, naturellement. Mais il arrive trop tard, je n'en veux plus. Dorénavant, il me fait peur.

mardi, avril 11, 2006

Bloggin' is not so good!

Ma boss a découvert mon blog... Je remercie Troubadour pour le côté impersonnel de son blog et de ne pas m'avoir laissé prendre trop d'espace pour m'exprimer... Déjà que ce que j'ai laissé transparaître dans mes posts évoquant mon boulot n'est pas fameux, vu que je me livre à une critique sans retenue. J'ai failli me mettre à expliquer que ce blog me permet d'évacuer ma "schizophrénie", de vomir parfois ma haine et mon dégout pour garder mon sourire quotidien intact; mais je me suis abstenue.. La moindre faute d'expression et je serais passée pour une psychopathe refoulée. Cet incident toucherait-il à la spontanéité de mes écrits? J'ai réfléchi... J'aurais pu et je pourrais être "the first blogger fired from her job because of her blog", dixit Subzero Blue, qui m'encourage vivement à être virée de mon boulot pour être définitivement la plus célèbre de la blogosphère:)) mais ça ne me dit rien, je préfère mon boulot... Changer de blog, non plus... Modérer mes écrits et faire du "politiquement correct", encore moins, ça ne me ressemble pas.
Appuyer sur "reset" et faire comme si de rien n'était, pourquoi pas.. Vu l'impression qu'elle m'a laissé et la discrétion dont elle a fait preuve, je décide de continuer avec mes textes et mes bribes de journées que je balance de temps à autre sur cet écran... Je continue à espérer une chose: que ce blog reste méconnu de certains sinon je serais bien obligée de lui amputer un membre pour éviter que la gangrène atteigne ma carrière, devenue vitale pour mon fonctionnement.


Pour le titre, clin d'oeil à Khan.

vendredi, avril 07, 2006

Lost


Suis-je entrain de sombrer dans l'apesanteur?

En rentrant le soir, je retrouve un bout d'humanité.. Je me regarde dans la glace.. C'est toi? C'est moi? Je me rapproche encore plus du reflet, j'essaie de le reconnaître ou j'essaie de le rendre inconnu s'il ne me plaît pas. J'essaie de retrouver mes repères. Depuis le temps que je les cherche, je ne sais pas si je les ai retrouvés, mais je ne les cherche plus autour de moi, je les cherche dans ce visage qui me regarde. Je fais quelques grimaces.. Tiens! Elle le fait aussi.. Elle commence à m'énerver, je détourne mon regard mais je sens qu'elle a quitté le miroir, je crois qu'elle me possède, elle me fait presque peur.
Si je pouvais, je l'arracherais de moi-même; je la jetterais contre le mur et je la verrais s'envoler en mille morceaux.. Des bouts de verre, impossibles à recontruire. Je ferme les yeux et je les regarde de plus près, je les touche, ils sont sales, tranchants, lourds.. J'ai du sang sur les doigts.. Cette salope, même cassée, elle continue à vouloir me faire mal. Je m'éloigne, j'ai soudain l'angoisse que ces morceaux se rassemblent pour qu'elle réapparaisse.
Coup de balai, je la disperse dans le vent..

Le réel frappe à la porte de mon esprit.. Tu perds du temps à te baigner dans une imagination stérile, me dit-il.

J'ouvre alors les yeux et je prends mes papiers pour la rendre féconde, mais Elle est là à étouffer mon cerveau. Je sens ses mains, elles sont là, elles le couvrent, elles le maîtrisent complètement.

Rester calme, à chaque réflexion, à chaque respiration de mes neurones, elles appuient un peu plus. Je dois donc gérer l'oxygène de mes méninges.

Demain! Mais je me voile la face, je me mens chaque seconde pour ne pas laisser la folie envahir les sens qui ont survécu..
Demain, qu'est ce que j'en sais? Je ne sais même pas comment finirait ma journée, alors que dire de demain?
Demain, serait-il bleu, rose, vert, noir ou transparent?
Demain, ressemblerait-il plus à aujourd'hui ou à son lendemain?
Demain, demain, demain, mais comment font les autres pour planifier une année entière?
365 demains!!!!!
Je suis impuissante... ou folle..

Oui, je sombre dans l'apesanteur..

mercredi, mars 15, 2006

Joyeu Zanniv' Troub'!

Au milieu, mon oreiller, à droite mon portable et un livre, à gauche un cahier, un stylo et des feuilles blanches qui trainent jusqu'au sol. Quelques années que ça dure, l'obsession de l'écriture. Il m'arrive de griffonner une phrase, un mot, d'oublier et de les retrouver des mois plus tard et je les retrouve acteurs dans un long texte sur un nouveau papier.
Mes lecteurs? Moi, et de rares esprits fidèles cherchant à voir dans la transparence de mes mots.

15 mars 2005: Je poste mon 1er texte. Je vois mes phrases renaître sur un autre fond, dans un autre espace, livrés à l'inconnu, un peu de fraîcheur remplaçant l'enfermement dans du papier. Je les rends accessibles à un autre univers que celui de mes murs...

Un an que ce blog existe... ça fait plaisir..

Bilan d'un an de "blogging": Malgré les efforts, mes écrits restent toujours aussi incompréhensibles..:)))


Et puis je m'enfou, c'est comme ça que j'écris, je n'écris pas pour plaire, alors je continue...

Et puis avec un peu plus de modération, je pense quand-même que c'est grâce aux lecteurs que les écrits évoluent et survivent.

Alors comme tout être humain aimant les happy ends, je décide de faire un compromis, non pour rendre mes textes plaisants mais plutôt compréhensibles, accessibles à un plus grand nombre d'yeux curieux aimant les films sur les écrans de paupières..

Et j'ai déjà commencé, l'aurait-on remarqué?:-)
Un clin d'oeil en passant à
Mouse Hunter qui me reproche la presque monotonie de mon blog, j'en ai pris note malgré mes pseudo réticences.

Passons aux remerciements:


Pour commencer, hommage aux lecteurs invisibles que je classerais en 2catégories:
  • Ceux qui passent, jettent un coup d'oeil, pensent qu'ils ont atterri par erreur dans une autre dimension et s'en vont comme si rien de n'était.
  • Ceux qui passent, commencent à lire, arrivent à la moitié, ne comprennent rien, se disent qu'ils repasseraient une autre fois pour découvrir à tête reposée ces mots, puis n'osent pas mettre de commentaires de peur que ceux-ci soient trop décalés.

Ensuite, mes lecteurs visibles qui passent, qui lisent, qui m'encouragent, qui comprennent mes phrases à leur manière ou à ma manière.. au fond peu importe, c'est vous qui faites le sens et vous l'avez compris :)

Un an de blogging, avec quelques absences que je justifierais par une activité professionnelle rude et incessante et surtout par l'hiver.. Il me gèle les neurones.. Mais je finis toujours par revenir dès que le soleil illumine mes mots.

Un an de blogging et de meet-ups grâce auxquels j'ai eu des amis atypiques (chacun s'y reconnaîtra:)) .. Des rencontres riches en sujets et en sourires (clin d'oeil à la troupe joyeuse;-)) et auxquels j'ai réussi à traîner ma meilleure amie et ma compagne de l'aventure Orchea, la proprio du blog "drôlement humain"..

Que dire de plus... Espérer que ma réserve de mots soit inépuisable pour continuer et faire comprendre que la poésie n'est pas impossible et n'est pas que rimes et amours..

Sur ce, joyeux anniversaire Troubadour! ( ou Trouble pour ceux qui aiment m'appeler ainsi:))

dimanche, mars 12, 2006

Un rêve à louer


- A quoi tu penses?
- Je ne pense pas, je rêve..
- Raconte moi ton rêve
- Il n'est pas encore fini
- Alors rêve à haute voix
- J'ai peur que ma voix me réveille
- Alors chuchote-le moi
- Tu ne l'entendras pas
- Je me rapprocherai de toi et je lirai sur tes lèvres
- Pourquoi le ferais tu?
- Pour faire partie de ton monde
- Tu m'aimes?
- Non... Et toi?
- Non plus... Raconte moi ton rêve
- Je n'en ai pas, je veux habiter le tien
- Ou tu le caches?
- Non
- Voleuse de rêves
- Je ne te le volerai pas, tu me prêteras juste le toit pour m'abriter les nuits d'insomnie
- Je te le laisse alors
- Je veux que tu y restes
- Pour tes nuits d'insomnie aussi?
- Non, pour mes nuits d'angoisse
- Mon rêve est trop exigu
- Je n'ai ni valises, ni meubles... De quoi as-tu peur?
- Que tu t'étales, que tu agrandisses le rêve et que tu finisses par le déserter. Le toit serait trop grand, le sol trop vide, je ne reconnaîtrai plus mon monde... Où vas-tu?
- Chercher un autre rêve
- Tu me quittes pour un rêve?
- Je touche le fond du réel, j'ai besoin de rebondir dans un songe
- Reste
- Je ne peux pas, le besoin est urgent et je ne saurais te le mendier
- Mon rêve est carré, neutre, solide, sans couleurs, je le subis et il me supporte. Il est rude en hiver, te plairait-il? J'en doute..
- Si tu m'y tiens compagnie, peu m'importe le froid. Mais je ne supporterai pas l'absence. Je ne résiste déjà pas à l'idée de partir et tu ne sais pas me retenir.. Pourtant, il suffit de si peu.. Un simple rêve, une compagnie, comme ça, pour rien..
- Alors reste et je t'offrirai un bout de toit et un espace de mon songe mais tu me le rendras intact, tu n'y changeras rien, pas même les couleurs... Où vas- tu?
- Je te quitte pour un autre rêve.

mardi, mars 07, 2006

Salsa



Momento special en es meet-up.. Gracias
Dib's! ;-) J'ai choisi ces photos parce qu'on n'y voit pas que je danse la salsa comme un pied!:))
Et merci pour tous les autres présents pour leur sourire et d'avoir fait de ce meet-up a big success!
(Je ne cite pas les noms, la liste est longue et j'espère qu'elle le sera encore plus la prochaine fois)

jeudi, mars 02, 2006

Vertige

Telle une enfant
Elle marche
Sur le bord du puits
Bras tendus

Acrobate

Sur le bout des pieds
Elle raconte à l'eau profonde
Le conte de la veille

Rien à se dire
Tout à dire à l'eau

Dans un dialogue mental
Sans prononcer un mot
Déverser les phrases dans les profondeurs

Les pensées
En silence
Sortent par les mains et les pieds Noircis par les lettres
Engloutis par le trou affamé

Moment d'enfance
Risque innocent
Défier le puits

"Je te donne mes mots, tu me laisses debout"
"Je te livre mes pensées, tu m'offriras le silence "

Somnambule
Elle continue

Le puits a le vertige
Frôle l'ivresse
A saturation

Elle

Elle tourne
Dans un parfait équilibre inconscient
Affole l'eau du puits
Et lui retire son calme cérébral

Elle tourne
En esquissant un sourire paisible
Alors que le puits pleure son eau débordante noircissante sous ses pieds
Nourrissant les champs assoiffés aux alentours.

vendredi, février 24, 2006

The dream deferred

Qu'arrive à un rêve reporté?
Sèche-t-il comme un raisin au soleil?

Ou irrite-t-il comme une blessure..
Et puis s'égoutte?

Pue-t-il comme la viande putréfiée?
Ou se durcisse et s'adoucisse.. comme un bonbon sirupeux?


Peut-être, simplement, il fléchit comme une charge lourde.
Ou est-ce qu'il explose?


Langston Hughes, 1951

dimanche, février 05, 2006

Habillés, déshabillés???

Pendant que le monde discute l'horreur subie par la liberté d'expression, et la terreur de certains après avoir vu une pluie de caricatures ridicules portant atteinte à l'Islam, je me permets de détourner l'attention (sans exprimer mon avis la-dessus, non pour ne pas offenser ce clan ou l'autre mais ce n'est que lorsque certaines priorités seront reglées que je commencerai à crier pour d'autres;-)) vers un article du magazine marocain TEL QUEL.. Un article débordant de cynisme.. Devrais-je me laisser tenter par le sourire ou donner à mon visage une mine grave en lisant ces lignes?

et c'est parti!

"Zakaria Boualem

Comme la chanteuse est chrétienne, ZB peut reluquer ses seins sans déshonorer la Oumma
Nom : Boualem

Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque

Zakaria Boualem s'est égaré sur Nilesat par erreur. Ce n'est un secret pour personne, notre homme voue à l'arabité en général un culte qu'on peut sans la moindre hésitation qualifier de modéré. Mais bon, il est sur Nilesat, il zappe d'une chaîne à l'autre, à la recherche de foot... lorsqu'il tombe sur une équipe de barbus hirsutes en pyjamas blancs occupés à débattre à pleins poumons. Précisons avant d'aller plus loin que ce sont les barbes qui sont hirsutes, bien sûr. Le débat porte sur la nouvelle fatwa des illustres oulémas du Caire qui ont décidé que le fait de “se dénuder pendant l’acte sexuel invalide le mariage”. Pendant quelques secondes, Zakaria Boualem les regarde. Comme on regarde un aquarium : avec un mélange de fascination et d'incompréhension profonde. Ils ne sont pas humains, c'est une évidence. Peut-être des mutants, des mecs capables de faire des bébés sans se déshabiller... En les observant, il se pose les questions suivantes, en vrac et sans le moindre souci de cohérence : pourquoi certaines personnes consacrent-t-elles du temps à inventer des règles nouvelles, inapplicables, et surtout qui n'ont d'autre objectif que celui de pourrir la vie à tout le monde ? Pourquoi les nobles représentants des populations du golfe s'obstinent-ils à se vêtir quasi-exclusivement de jellabas blanches et transparentes qui laissent apparaître le tricot de peau en dessous ? Au nom de quoi faudrait-il se farcir une émission aussi pénible ? Pris d'un accès de lucidité, le Guercifi zappe et tombe sur… tatataa… Rotana Clip ! Par les hasards des attributions de fréquence, la chaîne libanaise de
vidéo-clips jouxte les oulémas en colère. Autrement dit, les barbies bordent les barbus barbants. Sur Rotana, c'est le délire. L'écran est divisé en trois, comme sur Bloomberg TV; à gauche, il y a une sorte de vote par SMS dont l'objet demeure obscur. En bas de l'écran défilent des dédicaces du type : Jassim de Dubaï se meurt à petit feu parce qu'il aime très fort une fille aux grands yeux dont il ne peut pas dire le nom sinon ses parents l'égorgent mais qui se reconnaîtra sûrement et à qui il dédicace cette chanson avec tout le respect dû à sa famille bien sûr. Le reste de l'écran est consacré à l'objet même du délit : le vidéo-clip. Comment vous dire...? Nous sommes très clairement dans le registre érotique, tendance lourde. La chanteuse, apellons la “Mahlaba”, exhibe sans complexe une poitrine capable à elle seule d'alimenter une maternité ou deux. Lorsque la caméra se décide à quitter la poitrine de mademoiselle Mahlaba, c'est pour se diriger sans perdre de temps sur son postérieur, moulé dans un pantalon plein à craquer. De temps en temps, on nous montre le visage de Mahlaba, une sorte de résurrection de Néfertiti, ou du moins de l'idée qu'on s'en fait. Il y a aussi un homme, dans l'affaire. Un bellâtre tendance ténébreux qui passe son temps à se recoiffer au ralenti. Mahlaba et le bellâtre se tournent autour, s'allument comme des fous mais ne se touchent jamais. Ah oui, j'ai oublié de vous parler de la musique. En fait, j'ai même oublié la musique. D'après mes souvenirs, une vague soupe sans intérêt, un truc insignifiant. Pas nul, non, insignifiant. Inutile, tant le débat est ailleurs. Le clip dure trois minutes, puis il y a un générique de cinq minutes et un nouveau clip du même goût redémarre. Zakaria Boualem reste la bouche ouverte... Il ne connaissait pas l'ampleur du phénomène. Il a loupé un épisode. évidemment, Mahlaba est chrétienne, ou fait semblant de l'être. Donc l'honneur est sauf. C'est une arabe chrétienne, donc on peut la regarder sans se dire qu'on déshonore la oumma. Tout le monde se rince l'oeil et tout le monde est content. Pendant ce temps, juste à côté, les barbus se demandent encore si on peut se “déshabiller pendant l’acte sexuel”. Ils annoncent que la semaine prochaine, ils vont répondre à la question : “Peut-on se déshabiller sous la douche ?” Sans être spécialiste, Zakaria Boualem a la nette impression que la oumma ne va pas très bien dans sa tête "


Shit!

Colère contre l'impuissance, contre le système, contre moi même.. Qui subit ou qui se révolte sans pour autant parvenir à changer quelquechose.. Je suis comme tout le monde , je ne vaux que mon salaire pour lequel je travaille et que je gaspille. On m'a appris que le travail est sacré et que pour vivre il faut travailler, on a oublié de me dire que pour travailler, il faut subir..
Sytème repressif.. Je t'exècre. Petits employés courant dans les jupons du système ajustant ces longueurs pour ne pas en faire voir les jambes mutilées et vous protégeant dans leurs ombres: Rappelez-vous que les loques tombent toujours mais en attendant oubliez et vivez le rêve des colonisés inconscients.. Vous ne serez pas épargnés.

mercredi, février 01, 2006

Sale journée

Chacun son heure de gloire.. je le répète sans cesse.. A quand la mienne? Elle a un peu tardé.

lundi, janvier 30, 2006

Dark

Sombre comme le fond du puits
Qui susurre son noir
Dans les oreilles des pierres muettes

Le regard dicte ses pensées au miroir
Pour entrevoirle reflet

En face
Un visage criblé d'yeux
Le toucher est glauque
La peau tranpire la haine
Progéniture d'une douleur silencieuse d'impuissance

Le Noir émane de l'intérieur
Hypothermique
Crisse au contact des parois
Cherche la faille
Pour filer
Dans l'obscurité, il se fraye un chemin
Titubant vers la sortie

Dans le reflet, le corps frissonne
Hypothermique, isothermique
Dans les replis d'une canicule humide

A l'intérieur
Le noir s'étale
Diffus

Et il gicle en dehors du corps
Dans une hémorragie orgasmique

Le corps est fontaine
Rugissant de Noir
Total, absolu
Habillant la nudité frileuse
De mots
De caillots de haine
De lames de larmes à en couper la peau

Le Noir se révèle
Somptueuse obscurité
Crachant sa couleur
Envahissant l'espace
Etouffe la transparence
S'étale dans l'infini
Sirote la transparence

A l'intérieur
Le mercure grimpe pendant que le corps continue à vomir sa colère.

jeudi, janvier 19, 2006

Vertige

Telle une enfant
Elle marche
Sur le bord du puits
Bras tendus


Acrobate

Sur le bout des pieds
Elle raconte à l'eau profonde
Le conte de la veille


Rien à se dire
Tout à dire à l'eau


Dans un dialogue mental
Sans prononcer un mot


Déverser les phrases dans les profondeurs

Les pensées
En silence
Sortent par les mains et les pieds
Noircis par les lettres

Engloutis par le trou affamé

Moment d'enfance
Risque innocent
Défier le puits

"Je te donne mes mots, tu me laisses debout"


"Je te livre mes pensées, tu m'offriras le silence "

Somnambule
Elle continue
Le puits a le vertige
Frôle l'ivresse
A saturation


Elle

Elle tourne

Dans un parfait équilibre inconscient
Affole l'eau du puits
Et lui retire son calme cérébral

Elle tourne
En esquissant un sourire paisible
Alors que le puits pleure son eau débordante noircissante sous ses pieds
Nourrissant les champs assoiffés aux alentours.