dimanche, juillet 24, 2005

Dialogue sourd

Je lui dis: " Putain réveille toi!"
Et elle répond: "Je suis réveillée"
- Et ce regard?
- Laisse moi tranquille!
- Arrête de penser à ces conneries, tu vaux mieux que ça!
- ça c'est toi qui le dis
- Et je ne suis pas la seule..regarde toi!!
- Je me vois justement, j'essaie mais c'est dans ma tête et ça ne veut pas disparaître.
- C'est quoi ton problème?
- Et toi c'est quoi ton problème?
- Il faut continuer
- Je continue
- Non t'es passive
- Je ne suis pas passive, je suis triste et fatiguée de me battre.
- C'est la vie
- Oui c'est la vie, c'est normal, ça arrive à tout le monde, c'est pas grave... Je sais que la vie est injuste mais je ne savais pas qu'elle pouvait être aussi ingrate.

- Continue ce que tu voulais faire, tu as pris des décisions
- De quelles décisions tu parles? Tout laisser tomber?
- Tu as détruit pour reconstruire
- Et on m'a détruite pour reconstruire ailleurs.
- T'es nulle!
- Je sais, sinon je n'en serais pas là.
- Non t'es nulle parceque tu te laisses faire. Tu ne crois pas au Destin, alors relève toi et fais face au monde.
- Je suis debout
- Ouvre les yeux
- Ils sont ouverts
- Mais tu ne vois rien
- Il n'y a rien à voir
- Mais si!
- Mais non!

- Ton travail
- Et mes études?
- Et alors? Tu as mieux et tu peux faire ta vie autrement et c'est toi qui as choisi. Et c'est un mérite.
- Y a que toi qui le penses
- Non ya pas que moi, mais personne n'ose le dire ou le faire. Tout le monde suit ce petit modèle social.
- Ceux qui le suivent sont tranquils
- Justement, tu choisis le chemin difficile et puis tu prouveras qu'il y a plusieurs chemins pour y arriver et non un seul. Tu as dépassé tout ça, un peu trop tôt peut-être mais c'est tout à fait en ta faveur.
- Je me le demande justement.. A force d'aller contre le courant on finit par se noyer.
- C'est pas ton genre et le regard des autres, tu t'enfoues depuis toujours.
- Je suis fatiguée
- On se fatigue, on se repose et on reprend. C'est humain.
- Humain?
- Oui
- Je ne comprends plus ce mot. Je suis humaine?
- Tu te poses des questions à ce sujet?
- Alors les autres ne le sont pas. Ou c'est moi qui ne le suis pas et ce sont eux qui le sont.
- Mais qu'est ce que tu racontes?
- Je parle en l'air, tu n'es pas obligée de suivre
- Je te suis, je ne te lacherai pas tant que tu ne redeviennes pas celle que tu étais
- Celle que j'étais était ce qu'elle était parce qu'elle avait certaines choses et tout ce qu'elle faisait avait un sens et un but. Le but a disparu, il n'y a plus de sens.
- Tu en auras d'autres
- Mais pas les mêmes

- Tu ne dépends pas de ce que tu as mais de ce que tu es
- J'y crois plus
- J'ai envie de te foutre une baffe
- Vas y, je m'enfoue, ou jette moi un sort si tu veux me rendre service. Ou fais moi revenir un an en arrière, même plus si tu peux. Tu veux m'aider, alors je te donne la solution.
- Tu ne me facilites pas la tâche, accepte mon aide ou demande de l'aide à quelqu'un d'autre. Oublie ta putain de fierté!
- Autant oublier d'autres choses alors
- Qu'est ce tu aimes?
- Qu'est ce que j'aimais plûtot?
- OK, qu'est ce tu aimais?
-Tellement de choses!
- Par exemple?
- Ma terre
- Ta terre?
- Oui, on m'a appris à aimer mon pays, la terre sur laquelle je suis née, même si je n'y ai passé que la moitié de mon existence
- Et qu'est ce qui s'est passé?
- Elle n'a pas su me rendre mon amour.. Elle le rend à ceux qui la saccagent
- Quoi encore?
- C'est pareil pour le reste et je ne veux plus en parler..
Alors j'ai arrêté, non parce qu'elle ne veut plus parler mais c'est moi qui suis fatiguée. Elle m'a démotivée. Elle n'a peut-être pas raison mais elle n'a pas tout à fait tort non plus.J'ai décidé de m'arrêter la, une pause pour trouver d'autres arguments...et de réviser mes convictions.

jeudi, juillet 21, 2005

lundi, juillet 18, 2005

Blouzzzzz

Samedi.. John Lee Hooker Junior à Hammamet. ça valait le détour. Un copain prend les tickets pr tout le monde: 10dt debout. ça m'a fait rire de lire ça sur le ticket. 50dt juste devant hitoire de bien mater le chanteur, 20dt pour être assis de 2 à 10m plus loin et encooore plus loin les 10dt debout et c'est là ou les gens avaient l'air sympa et moins coincé du cul. Et puis de toute façon, on est jeune et c'est le moment ou jamais pour le tmarmid d'autant plus qu'on nous a dit que les barrières finissent par tomber et qu'on passe du coté des 20dt.
Bref, une première partie avec Momo le tunisien, un bonhomme plein de voix et de talent mais il lui manque un ti quelquechose, ché pas...
Arrive le tour de JL Hooker mais les places sont tellement vides et là arrive ce qu'on nous a promis, les CHAISES! Le peuple se mêle à l'élite (même si je pense que le peuble est l'élite). Mais à vrai dire on s'est pas vraiment assis.
L'objet de ce post n'est pas de décrire la voix, l'ambiance, le talent ou la musique. Tout ça est tellement évident, JL Hooker n'a pas besoin de ma promo et je ne ferai pas changer d'avis ceux qui ne sont pas intéressés par le blues. C'est juste que c'était tellement vide que c'est "con", il n'y a pas d'autre mot. Si on avait fait sortir les jeunes des boîtes, ça aurait créé un show d'enfer. Putain les boîtes sont ouvertes tous les soirs et jusqu'au matin et des concerts pareils, c'est tellement rare que ça vaut toujours la peine de faire l'effort de la découverte rien que pour dire par la suite qu'on déteste.
Pour fermer cette petite parenthèse (et puis de toute façon chacun fait ce qu'il veut et chacun tue la culture dans son pays à sa manière..), ce qui est marrant dans ce concert, c'est qu'on dirait que l'avion a déposé le mec sur scène et qu'il n'a rien vu de la Tunisie. Il a passé son temps à répéter: "I'm glad to be here in the mother land of africa: Tunisia!!" Ou encore, "I love Africa, Tunisia I love you, I love the jungle!!" Il se mettait aussi à imiter les lions , les éléphants et même à un moment donné les chiens ou il demandait au public de répéter derrière lui des aboiements. Et tout le public aboyait, j'étais morte de rire! (même si au fond ce n'est pas aussi drôle que ça.. Vous imaginez si c'était à Carthage, tout Carthage qui aboie!) Hassilou le mec se croyait au Kenya!
Outre cette partie ridicule et que mon ironie ne met pas forcément en valeur( ama wallahi JLH junior était de bonne foi), c'était excellent! Autre chose, c'était autre chose.. Et la scène était tellement bien faite, très professionnelle, un décor parfait, la mer derrière, un bâteau. ça devrait susciter la jalousie de Tabarka, qui à mon avis, se repose trop sur sa renommée pour faire ce genre d'efforts de présentation. Ce serait pourtant tellement facile dans une ville aussi belle!! N'est-ce pas?

jeudi, juillet 07, 2005

Tournesol

Confiance
Dans le pas
Ta main
Sur sa nuque
Et tu la fais tourner

Toupie
Déambulant
Dans la rue
Respirant
La musique du vent nocturne

Dans le désert
Elle se prélasse
En silence
Fermant les yeux dévorants

Recommence
Le pas
Ta main dans ses cheveux
Tu la rapproches
Elle t'éloigne
Avec le regard
Sismique

Elle te guide
Etonnante
Du bout des doigts
Elle t'attrappe
T'arrache de ton monde
Te lâche
Le sol te réveille

Tu t'accroches
Au battement de ses cils
Elle s'endort sur ton épaule
Tu te venges

Insécurité
Qui mène la danse
Les pas se lâchent
Frénésie
Les mains ne savent plus qu'effleurer
Danse selon l'humeur du vent
La brise fait tourner les corps
L'un autour de l'autre
Impression de toucher
Sans toucher

Plus que le fil
Entre les regards
Maintient la fusion

Plus qu'un air lointain
Guide des pas
Garde des contacts

Stop
plus un geste

Qui es-tu?

Ignorance
Indifférence

Je tourne le dos

Et je m'en vais.

mardi, juillet 05, 2005

Relais muzik

3an Adib, 3ab Zizou, 3an Subzero:)

Total volume of music files on my computer :
mana3rafch

The last CD I bought was:
ça fait dejà qq tps, c t un mp3 avec l'intégrale de Anouar Braham.

Le titre sur mes platines:

Carole Samaha: je ne sais pas comment s'appelle la chanson, mais elle est en égyptien et elle est au ciné dans le clip)

Six songs I listen to a lot, or that mean a lot to me : (je sais ke la question se pose pour 5 chansons mais moi j'en ai 6 dc je me permets de personnaliser le jeu:))

Tracy Chapman: Subcity_ Crossroads
George Michael: Brother can you spare a dime_ Songs from the last century
Silencio: Buena Vista social Club
Craig David: Spanish
Scorpions: May be I may be You
Connels: 74 75


Je passe le relais à Infinity, brizzz, Karim 2K, Yamen, Marwen bloggin' his life.
@+

lundi, juin 27, 2005

First Meet UpIII

Un petit changement dans le style de mes posts, et c pr la bonne cause!
G l'impression que tout le monde a écrit sur ce meet up sauf ma misérable personne.. et pour cause: Je bosse interminablement!!!!!
Bon revenons à nos moutons, a real pleasure ce meet up.. j'y suis allée au départ sans grande motivation, juste par curiosité. La question que je me posais, c "comment je v les reconnaitre???"je v debarquer comme une fleur pr dévisager les groupes. j'aurais du leur dire que j'aurai une rose dans les cheveux, ou je serai habillée en blanc..:)) bref, le genre de trucs que je ferai jamais!
Heureusement, "Diana Magasine" was here and he saved my life!
Du monde affluait au fur et à mesure, tous le sourire au visage, ça fait plaisir.. Bcp de rires, de sujets sur le tapis, on veut parler de tout, on n'y arrive pas vraiment, le temps passe tellement vite... tout en agitation, tout en bonne humeur, tout en plaisanterie, tout en serieux.. Un grand sens du débat..
Apparemment, du monde est resté jusqu'à 1h du mat!! Rien que pr ça, j'aurais voulu être un mec!:)) pr ki on ne s'inquiète pas quand il tarde et qu'on ne harcèle pas toutes les 15mn pr rentrer! Etre mec aussi pendant le Ramadan serait pas mal, je jouerais aux cartes jusqu'à 3h du mat avec les mecs du quartier et on parlerait de foot, de voitures, de politique.. Mais qu'on ne se meprenne pas, j'aime être fille!!:)
Re Revenons à nos moutons!
Mouse Hunter, blogger anglophile, m'a un peu reproché de pas faire de mon blog un espace ou je raconte un peu mon quotidien comme tout le monde.. ma réponse c'était" je veux provoquer l'imagination". Ceci dit , il a raison, et ce post is probably the first step..
En parlant d'anglophiles, je promets que je v faire des efforts!! Surtout par solidarité féminine avec la seule bloggeuse présente lors du meet up: Aquacool.

Imed moi mm, Chikipi, Drako, Zizou, Subzero,Marwen; tous différents les uns des autres mais communs par cette passion blogosphérik.
ça a été quand même rapide, le débat continuait tout en étant debout mais il fallait se décider et partir tout en pensant au prochain meet up.. J'ai l'impression de décrire une communauté paradisiaque, on n'ira pas jusque là mais c t vraiment sympathique.
Sur ce, gotta go, my lovely boss is calling me! Il aurait une syncope s'il tombait sur moi entrain de blogger en cette heure de pointe de boulot et comme g pas la langue ds la poche, je préfèrerais éviter les situations difficiles..

jeudi, juin 16, 2005

Assymétrie

Rien que le temps
Et l'air
La faim
L'Envie

Dans les creux
Prières aigres
Remontent comme la fumée
Défient la pesanteur

L'Envie
En boucle
Alimente l'ambition
Féconde le rêve

Nomade errante
assoiffée
Tête en haut

Le ciel crachera t-il sa haine mouillée?

Elle

Attend
La bouche ouverte
Récolter les gouttelettes

Survie
Jusqu'à la nuit

Il guette la lune

Elle

lui prêtera ses yeux

Lui

Lui dessinera les dunes rondes

Elle

Voyagera dans les courbes

Pour oublier les formes du corps dévasté
Par l'oubli

Il prendra ses mains
Dans ses rêves
Garder éveillée son Envie

Lui

Ses envies d'ailleurs aériennes

Elle

Son ailleurs dans ses papiers

Et ses rêves coulent de ses yeux ouverts.

jeudi, juin 09, 2005

Ecrire

On dicte
Il écrit
Des phrases de tous genres
Des signes

Il écrit
Le possible
L'impossible
Puisqu'il ne le comprend pas

Il inscrit avec ennui
Machine
Et il conserve
Au fond des yeux
Les lignes

Le scribe reprend l'écriture

Il avait arrêté
Ses mots étaient ingrats
Stériles

Inspiration devenue cactus
Indomptable
Impossible
A approcher
Douloureuse
Déchirée

Reprendre
Dans le vague
A l'aveugle
Subir les dictées pour commencer

Puis attrapper les mots au vol
Et les coller
L'un près de l'autre

Peu importe le sens
Pourvu qu'il continue à graver

Le scribe aimait écrire
Mais la peine du monde lui arrache
Ses pensées
Ses mots
Ses plumes
Son encre

Il ne veut plus ecrire les mots des autres
Il ne veut pas non plus ecrire sa vie
Il veut ecrire d'autres mots
Comprehenibles
Ou incompréhensibles
Des néologismes
Des barbarismes
Peu importe le style
Peu importe la syntaxe

Regarder le ciel et ecrire
Ecrire les taches de sang
Ecrire la liberté
Comme tant d'autres
Mais différemment
Ecrire l'air
Ecrire l'eau
Ecrire la pensée
Tapie
Ecrire les couleurs

Ne plus penser à la haine
Ne plus penser a la peine
Ne plus penser à sa prison
Aux chaînes de son cerveau

Dormir dans ses papiers

Vivre d'encre
Mourir dans ses mots.

mardi, mai 31, 2005

Libération

Tu ne liras jamais ces mots, mais tu les connais déjà même si je ne les ai jamais dits.

La vie est dure, je l'ai toujours su. Moins dure parce que je t'avais, plus dure parce que je ne t'ai plus.
Je vivais, dans l'attente. Le bonheur, je le préparais, en actes et en pensées. Je le vivais dans ma tête et dans mes rêves et dans les mails et dans les coups de fil nocturnes, en attendant que tu sois là.
Je pense que tu ne comprends pas, tu comblais tes vides d'une autre manière, tu les comblais vraiment. Moi je faisais semblant, et ça ne me dérangeait pas pourvu que ça fasse passer le temps.
La, stoïque.


Je ne fais plus rien, mes pensées me dérangent, je les traîne. Les laisser chez toi, c'est ce que je veux. Chasser tout ce temps d'attente de mes souvenirs, te chasser de ma tête. Une cure d'amnésie. Je veux déposer chez toi mes rêves de toi, ma passion pour toi,tes roses et tes cadeaux pour moi, mes cadeaux pour toi. Tuer les preuves. Prends même mon coeur,je n'en veux plus, il ne fera que m'alourdir dans ma route et il n'est pas recyclable.
As tu été faible?
As tu été vrai?
Nos moments ensembles me torturent, les lieux très difficiles à franchir .
Rien à faire, l'impuissance de la distance.
Rien à dire, les mots sont muets.
Rien à penser, les pensées sont interdites.
Continuer en silence. Essayer de reprendre l'écriture, je n'y arrive plus. Alors je commence par me défouler sur les mots. Eux, sont toujours là.
Loin d'être pessimiste, seulement, la peine est grande. Un an à oublier le Moi, à penser à l'Autre. Encore du temps pour réapprendre, pour reprendre le puzzle et le reconstituer dans un nouvel ordre. Banaliser le temps passé. Couper le cordon. Changer de tête, changer les lieux et j'aurais changé mon âme si je le pouvais.
Ne me parle plus de destin, c'est la raison des faibles. C'est l'homme qui fait le choix et non son destin. Ton destin c'est moi et tu en as peur. Et la distance te joue des tours... Et ne me dis pas, "c'est Dieu", Dieu ne veut pas autant de mal à ses sujets. Mais inutile de revenir la-dessus, je veux tourner la page et faire si comme je n'ai rien vécu avec toi. Aller de l'avant et me libérer.

Les gens qui souhaitent le bonheur aux gens qu'ils ont aimé et qu'ils ont perdu m'étonnent. Avec tant de mal, je te souhaite de vivre malheureux sans moi et avec elle. Juste pour savoir la réalité du bonheur. Je ne veux pas te voir sourire. Tes sourires ne sont que pour moi et non pour elle. Je suis malade? Non je ne me voile pas la face et je ne joue pas les martyrs.
Tu m'as demandé si je t'ai maudit, tu dis que tu n'y crois pas mais ta question t'a trahi. Oui, je te maudis tous les jours, tous les soirs. Et même si je te maudis pas, tu seras malheureux. Rien à voir avec l'égo, c'est une réalité.
La vie reprendra, j'ai confiance, aussi dure, plus dure, j'ai encore du souffle pour continuer le chemin, toute seule. Je m'endurcirai moi-même autant qu'elle l'exigera. Et je ne dirai pas "c'est le destin". "Le destin" c'est la raison des faibles.

samedi, mai 07, 2005

Portraits

Ton bonjour
Dans mon oreille endormie
Réveille mes mains qui écrivent sur ton dos.

Graver
Toucher
Je te transmets l’histoire

Apprends la
Pour la réciter sur mon corps

Dans la chaleur du solstice

Comme un papillon
Je cherche
La lumière
Me brûler
Dans les couleurs de tes mots
Sur mon cou.

Plume
Crache
Tâche
Grandis
Disperse toi
Dessine

Mes mains dans tes cheveux
Mes yeux
Dans tes yeux
Tes yeux dans les tiens
Tes mains sous ta tête.

Corps
Rideaux
Murs
Draps
Je t’emprisonne
Dans les tâches

Je continue à nous regarder.

mardi, mai 03, 2005

Contes

L’ange balbutie
Lors de l’apocalypse
Son auréole s’est envolée
Le froid sur sa tête
Des jambes lui ont poussé
A la place des ailes.

Mendiant aveuglé
Par l’ablation de ses mains
En attendant que les ailes arrivent

L’enfant saisit le beignet au vol
Un peu de sucre
Ce qui manque à l’accomplissement de la parole
Et il chante
Les péchés fluides des hommes.

Un spectateur
Et sa main prêtée au mendiant
Il ne lui reste plus que ses joues
Pour applaudir l’hymne de l’enfant

Silence lisse et infini
L’Univers somnole dans son berceau

Le sifflement éjecte les débris

Chaos
Fragments muets
Dans l’expansion sonore

Lueur et ombre se touchent
Ne s’entremêlent pas.

vendredi, avril 29, 2005

Résistance

Tornade de fraîcheur
Dunes déprimées
Secousse
Pour retourner le sable
Aérer les grains.

Le cactus avale vite sa goutte de sueur
Avant l’emportement par le vent
Il sourit de ses épines
Il connaît enfin un autre souffle
Un autre bout d’air.

Soprano
Endurci par la sécheresse
Ténor aride
Dans l’humidité de la foule spectatrice
Peu importe
Tant que la voix existe
Et que le volume persiste.

Ramsès étouffe dans sa tenue
L’inconfort métallique
Au prix de l’Eternité.

Le désert est bleu au reflet du ciel.

dimanche, avril 10, 2005

Glissement

Même ciel, même soleil,
Même air elle respire
Mêmes visages elle voit
Même visage elle se voit.

Ces étoiles
Elles ont filé depuis des milliers d'années
Elles continuent a verser
Leur lumière
Sur l'écran noir de ses yeux.
Interminable tissu noir
Le masque du soleil criblé de trous
À travers lesquels coulent par hasard
Les voeux des spectateurs.

Dans la platitude, elle se fraye un chemin
Glissant dans ce labyrinthe de trous.
Elle aime la fluidité.
Sous ses pieds
Terre rugueuse.
Elle a failli oublier l'effet des surfaces lisses.

Un regard,
Une projection vers le haut
Pour recharger la Mémoire,
Ressusciter les sens morts
D’immobilité.
Et si elle sautait dans les trous?
Engloutissement de l'âme
L’esprit file déjà dans les couloirs
Du corps en ruines
Inhabitées.

Il coule
Recherche d'issue
Sortie par le bout des doigts, des orteils
Rassemblement
Tournoiement
Esprit errant
Momie laissée aux fanatiques
Ame absorbée dans les tunnels fluorescents

En route vers un coma ensoleillé.

vendredi, avril 08, 2005

Répétitions

Miroir
L’eau coule
En vert
Chantant
Le rire végétal
Déchirant
En boucle

Ramasse ta voix
Avant l’écrasement
Les pieds aveugles
Confondent les chansons

Miroir
Le vent brouille les pistes
Trop d’air se dispute
Les nez errants

Encore
Le corps semblable
Rejette les mains
Usantes

mardi, mars 29, 2005

Inachevé

Le regard
Gourmand
Dans les lèvres avides
Baisers du bout des yeux
Du bout du rêve

Matins rouges
Perlants
Seringues d’imagination sonore

Je valse au son de la pluie
Le corps se creuse
Languir au toucher de tes doigts
Plus présents que jamais

Sur ma peau
Ils chuchotent les mouvements
Ils fondent
Coulent en douceur

Caresses volées de la nuit

Flots

Le corps balance
Dans sa folie sa colère son mal
Mal de la distance
Dans laquelle les montagnes fières
Ecrasent la passion

Je murmure mes histoires infinies sur tes lèvres
Dans le souffle
L’envie t’invite


Le feu à la peau

Dans mes rêves
Je te vois mieux
Tu t’approches
Plus près encore
Et encore

A fleur de peau

Je te touche des yeux
Je les ferme
Te garder
Dans le noir

A l’aube
Tes mains se dégagent
Lentement
Dis leur de laisser leurs empreintes
Après goût pour la journée
Ebauche

Prochain songe.

samedi, mars 19, 2005

Scribe

Yeux tombants.
Nez attiré par la pesanteur.
Joues pendouillantes.
Bribes de corps ramassées,
Puzzle malformé.
Seules les oreilles obéissent à l'Impératif.
Tendues,
Debout
Aiguës
Aiguisées
Prédatrices de sons, vampires se nourrissant d'échos et de murmures.
Elles guettent le Silence.
Rassasié, il vomira La Voix.

Tout se joue dans la fidélité. Fidèle à mon visage,à mon image,
à la position, aux mots.

Je gratte avec une rapidité étonnante.
Concentration d'énergie, volonté, pouvoir et force
sur ce fil qui unit mes oreilles à mes doigts.

Visage inanimé, dos droit, jambes croisées

La Statue la plus humaine
L’Humain le plus statique

Je suis toujours entrain d'écrire
En pensant à mon reflet à mes yeux
Fasciné par mon immobilité

Que la dictée dure plus longtemps
Voir à quel point je peux rester
Oublier mes muscles en fusion.

Angoisse de ne plus se lever
Rester indéfiniment cloîtré,emprisonné dans le Corps
Sur le sol de marbre froid
Relique. Symbole de dévouement.

Il faut que je me retienne,
Je vais sourire
Je perdrais le défi contre le Corps
Je m'imagine pierre
Différents visages passent devant moi
Ils me fixent
Ombre de doute dans les yeux
Ils ont presque envie de me toucher
Ils n'osent pas
Moi
Je les regarde
A travers la coque de pierre.


La Voix s'est arrêtée
Elle a coupé le défilé d'images futuristes et mesquines
Mes doigts s'arrêtent
Malgré eux
J'attends encore
Plus rien

Achèvement de l'entrevue
Reconstitution des membres
Les muscles se dissocient,
se frôlent,se reconnaissent

Le retour dans le monde mobile

Dehors,
Le soleil s'est échappé
Le Nil débordant regagne doucement son lit
La Voix a soufflé sur mes mots et a colonisé mes papiers.

mardi, mars 15, 2005

Résonances

Tombent les rideaux
Sur le bois charnel
Entaille dans le nerf

Un coup
Silence
Un coup
Présence
Un coup
Dans la tête
Un coup
Le coucou
Réveille les yeux cousus

Je vibre
Je sonne
Tympanique
La voix
Suspendue
Sur le toit

Le corps perché sur la fenêtre
Ecoute les échos
Espère la brise de son toucher

Je ne parle pas
Insensible aux pulsations
Mes cheveux baignent dans l’air

Je sonne encore
Il secoue la corde
Accrochée à mon cou
Recevoir la mort
Réfléchir la vie
Avec son vide sonore.

Dans l’aquarium aérien
Les bruits se bousculent
Pour étouffer les jours heureux de silence.

A pieds

Garder la même ligne, ne jamais regarder à côté
Les épines mangeraient les yeux
La course est folle
Toujours
Et encore.

Fin de la route
Ton fantôme
Comme le soleil jamais atteint.

Quelques sauts
Saisir des bouts de rêve qui rafraîchissent les jambes

Traverser les champs
Et frôler des pieds les colchiques d’Apollinaire.
M’empoisonner
Lentement
Et avant de m’écrouler
L’écho de ta chanson me ranime
Apporté par l’air que tu souffles sur mon visage.

Reprise
Ne jamais lâcher
Au bois, tu dors depuis des années
« Il est temps ! »
Me dit ton fantôme.

Mes pieds en sang par les épines et les cailloux
J’étale mes tristesses
Pour les écraser avec mes pas plus rapides.

La douleur des chemins torture l’alignement de ma course.

Chaque pas plus pénible encore

Je te réveillerai par mes lèvres
M’aimeras-tu ?

Au-delà de l’horizon
J’espère mon arrivée vers toi
Te murmurer sans fin
Te raconter sans fin
Te sculpter enfin avec mes doigts.

Courir
Et aimer à cette heure
Les minutes du futur inachevé

Bientôt
A jamais
Je détecte ta présence
Dans le brouillard du silence
.