vendredi, avril 07, 2006

Lost


Suis-je entrain de sombrer dans l'apesanteur?

En rentrant le soir, je retrouve un bout d'humanité.. Je me regarde dans la glace.. C'est toi? C'est moi? Je me rapproche encore plus du reflet, j'essaie de le reconnaître ou j'essaie de le rendre inconnu s'il ne me plaît pas. J'essaie de retrouver mes repères. Depuis le temps que je les cherche, je ne sais pas si je les ai retrouvés, mais je ne les cherche plus autour de moi, je les cherche dans ce visage qui me regarde. Je fais quelques grimaces.. Tiens! Elle le fait aussi.. Elle commence à m'énerver, je détourne mon regard mais je sens qu'elle a quitté le miroir, je crois qu'elle me possède, elle me fait presque peur.
Si je pouvais, je l'arracherais de moi-même; je la jetterais contre le mur et je la verrais s'envoler en mille morceaux.. Des bouts de verre, impossibles à recontruire. Je ferme les yeux et je les regarde de plus près, je les touche, ils sont sales, tranchants, lourds.. J'ai du sang sur les doigts.. Cette salope, même cassée, elle continue à vouloir me faire mal. Je m'éloigne, j'ai soudain l'angoisse que ces morceaux se rassemblent pour qu'elle réapparaisse.
Coup de balai, je la disperse dans le vent..

Le réel frappe à la porte de mon esprit.. Tu perds du temps à te baigner dans une imagination stérile, me dit-il.

J'ouvre alors les yeux et je prends mes papiers pour la rendre féconde, mais Elle est là à étouffer mon cerveau. Je sens ses mains, elles sont là, elles le couvrent, elles le maîtrisent complètement.

Rester calme, à chaque réflexion, à chaque respiration de mes neurones, elles appuient un peu plus. Je dois donc gérer l'oxygène de mes méninges.

Demain! Mais je me voile la face, je me mens chaque seconde pour ne pas laisser la folie envahir les sens qui ont survécu..
Demain, qu'est ce que j'en sais? Je ne sais même pas comment finirait ma journée, alors que dire de demain?
Demain, serait-il bleu, rose, vert, noir ou transparent?
Demain, ressemblerait-il plus à aujourd'hui ou à son lendemain?
Demain, demain, demain, mais comment font les autres pour planifier une année entière?
365 demains!!!!!
Je suis impuissante... ou folle..

Oui, je sombre dans l'apesanteur..

mercredi, mars 15, 2006

Joyeu Zanniv' Troub'!

Au milieu, mon oreiller, à droite mon portable et un livre, à gauche un cahier, un stylo et des feuilles blanches qui trainent jusqu'au sol. Quelques années que ça dure, l'obsession de l'écriture. Il m'arrive de griffonner une phrase, un mot, d'oublier et de les retrouver des mois plus tard et je les retrouve acteurs dans un long texte sur un nouveau papier.
Mes lecteurs? Moi, et de rares esprits fidèles cherchant à voir dans la transparence de mes mots.

15 mars 2005: Je poste mon 1er texte. Je vois mes phrases renaître sur un autre fond, dans un autre espace, livrés à l'inconnu, un peu de fraîcheur remplaçant l'enfermement dans du papier. Je les rends accessibles à un autre univers que celui de mes murs...

Un an que ce blog existe... ça fait plaisir..

Bilan d'un an de "blogging": Malgré les efforts, mes écrits restent toujours aussi incompréhensibles..:)))


Et puis je m'enfou, c'est comme ça que j'écris, je n'écris pas pour plaire, alors je continue...

Et puis avec un peu plus de modération, je pense quand-même que c'est grâce aux lecteurs que les écrits évoluent et survivent.

Alors comme tout être humain aimant les happy ends, je décide de faire un compromis, non pour rendre mes textes plaisants mais plutôt compréhensibles, accessibles à un plus grand nombre d'yeux curieux aimant les films sur les écrans de paupières..

Et j'ai déjà commencé, l'aurait-on remarqué?:-)
Un clin d'oeil en passant à
Mouse Hunter qui me reproche la presque monotonie de mon blog, j'en ai pris note malgré mes pseudo réticences.

Passons aux remerciements:


Pour commencer, hommage aux lecteurs invisibles que je classerais en 2catégories:
  • Ceux qui passent, jettent un coup d'oeil, pensent qu'ils ont atterri par erreur dans une autre dimension et s'en vont comme si rien de n'était.
  • Ceux qui passent, commencent à lire, arrivent à la moitié, ne comprennent rien, se disent qu'ils repasseraient une autre fois pour découvrir à tête reposée ces mots, puis n'osent pas mettre de commentaires de peur que ceux-ci soient trop décalés.

Ensuite, mes lecteurs visibles qui passent, qui lisent, qui m'encouragent, qui comprennent mes phrases à leur manière ou à ma manière.. au fond peu importe, c'est vous qui faites le sens et vous l'avez compris :)

Un an de blogging, avec quelques absences que je justifierais par une activité professionnelle rude et incessante et surtout par l'hiver.. Il me gèle les neurones.. Mais je finis toujours par revenir dès que le soleil illumine mes mots.

Un an de blogging et de meet-ups grâce auxquels j'ai eu des amis atypiques (chacun s'y reconnaîtra:)) .. Des rencontres riches en sujets et en sourires (clin d'oeil à la troupe joyeuse;-)) et auxquels j'ai réussi à traîner ma meilleure amie et ma compagne de l'aventure Orchea, la proprio du blog "drôlement humain"..

Que dire de plus... Espérer que ma réserve de mots soit inépuisable pour continuer et faire comprendre que la poésie n'est pas impossible et n'est pas que rimes et amours..

Sur ce, joyeux anniversaire Troubadour! ( ou Trouble pour ceux qui aiment m'appeler ainsi:))

dimanche, mars 12, 2006

Un rêve à louer


- A quoi tu penses?
- Je ne pense pas, je rêve..
- Raconte moi ton rêve
- Il n'est pas encore fini
- Alors rêve à haute voix
- J'ai peur que ma voix me réveille
- Alors chuchote-le moi
- Tu ne l'entendras pas
- Je me rapprocherai de toi et je lirai sur tes lèvres
- Pourquoi le ferais tu?
- Pour faire partie de ton monde
- Tu m'aimes?
- Non... Et toi?
- Non plus... Raconte moi ton rêve
- Je n'en ai pas, je veux habiter le tien
- Ou tu le caches?
- Non
- Voleuse de rêves
- Je ne te le volerai pas, tu me prêteras juste le toit pour m'abriter les nuits d'insomnie
- Je te le laisse alors
- Je veux que tu y restes
- Pour tes nuits d'insomnie aussi?
- Non, pour mes nuits d'angoisse
- Mon rêve est trop exigu
- Je n'ai ni valises, ni meubles... De quoi as-tu peur?
- Que tu t'étales, que tu agrandisses le rêve et que tu finisses par le déserter. Le toit serait trop grand, le sol trop vide, je ne reconnaîtrai plus mon monde... Où vas-tu?
- Chercher un autre rêve
- Tu me quittes pour un rêve?
- Je touche le fond du réel, j'ai besoin de rebondir dans un songe
- Reste
- Je ne peux pas, le besoin est urgent et je ne saurais te le mendier
- Mon rêve est carré, neutre, solide, sans couleurs, je le subis et il me supporte. Il est rude en hiver, te plairait-il? J'en doute..
- Si tu m'y tiens compagnie, peu m'importe le froid. Mais je ne supporterai pas l'absence. Je ne résiste déjà pas à l'idée de partir et tu ne sais pas me retenir.. Pourtant, il suffit de si peu.. Un simple rêve, une compagnie, comme ça, pour rien..
- Alors reste et je t'offrirai un bout de toit et un espace de mon songe mais tu me le rendras intact, tu n'y changeras rien, pas même les couleurs... Où vas- tu?
- Je te quitte pour un autre rêve.

mardi, mars 07, 2006

Salsa



Momento special en es meet-up.. Gracias
Dib's! ;-) J'ai choisi ces photos parce qu'on n'y voit pas que je danse la salsa comme un pied!:))
Et merci pour tous les autres présents pour leur sourire et d'avoir fait de ce meet-up a big success!
(Je ne cite pas les noms, la liste est longue et j'espère qu'elle le sera encore plus la prochaine fois)

jeudi, mars 02, 2006

Vertige

Telle une enfant
Elle marche
Sur le bord du puits
Bras tendus

Acrobate

Sur le bout des pieds
Elle raconte à l'eau profonde
Le conte de la veille

Rien à se dire
Tout à dire à l'eau

Dans un dialogue mental
Sans prononcer un mot
Déverser les phrases dans les profondeurs

Les pensées
En silence
Sortent par les mains et les pieds Noircis par les lettres
Engloutis par le trou affamé

Moment d'enfance
Risque innocent
Défier le puits

"Je te donne mes mots, tu me laisses debout"
"Je te livre mes pensées, tu m'offriras le silence "

Somnambule
Elle continue

Le puits a le vertige
Frôle l'ivresse
A saturation

Elle

Elle tourne
Dans un parfait équilibre inconscient
Affole l'eau du puits
Et lui retire son calme cérébral

Elle tourne
En esquissant un sourire paisible
Alors que le puits pleure son eau débordante noircissante sous ses pieds
Nourrissant les champs assoiffés aux alentours.

vendredi, février 24, 2006

The dream deferred

Qu'arrive à un rêve reporté?
Sèche-t-il comme un raisin au soleil?

Ou irrite-t-il comme une blessure..
Et puis s'égoutte?

Pue-t-il comme la viande putréfiée?
Ou se durcisse et s'adoucisse.. comme un bonbon sirupeux?


Peut-être, simplement, il fléchit comme une charge lourde.
Ou est-ce qu'il explose?


Langston Hughes, 1951

dimanche, février 05, 2006

Habillés, déshabillés???

Pendant que le monde discute l'horreur subie par la liberté d'expression, et la terreur de certains après avoir vu une pluie de caricatures ridicules portant atteinte à l'Islam, je me permets de détourner l'attention (sans exprimer mon avis la-dessus, non pour ne pas offenser ce clan ou l'autre mais ce n'est que lorsque certaines priorités seront reglées que je commencerai à crier pour d'autres;-)) vers un article du magazine marocain TEL QUEL.. Un article débordant de cynisme.. Devrais-je me laisser tenter par le sourire ou donner à mon visage une mine grave en lisant ces lignes?

et c'est parti!

"Zakaria Boualem

Comme la chanteuse est chrétienne, ZB peut reluquer ses seins sans déshonorer la Oumma
Nom : Boualem

Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque

Zakaria Boualem s'est égaré sur Nilesat par erreur. Ce n'est un secret pour personne, notre homme voue à l'arabité en général un culte qu'on peut sans la moindre hésitation qualifier de modéré. Mais bon, il est sur Nilesat, il zappe d'une chaîne à l'autre, à la recherche de foot... lorsqu'il tombe sur une équipe de barbus hirsutes en pyjamas blancs occupés à débattre à pleins poumons. Précisons avant d'aller plus loin que ce sont les barbes qui sont hirsutes, bien sûr. Le débat porte sur la nouvelle fatwa des illustres oulémas du Caire qui ont décidé que le fait de “se dénuder pendant l’acte sexuel invalide le mariage”. Pendant quelques secondes, Zakaria Boualem les regarde. Comme on regarde un aquarium : avec un mélange de fascination et d'incompréhension profonde. Ils ne sont pas humains, c'est une évidence. Peut-être des mutants, des mecs capables de faire des bébés sans se déshabiller... En les observant, il se pose les questions suivantes, en vrac et sans le moindre souci de cohérence : pourquoi certaines personnes consacrent-t-elles du temps à inventer des règles nouvelles, inapplicables, et surtout qui n'ont d'autre objectif que celui de pourrir la vie à tout le monde ? Pourquoi les nobles représentants des populations du golfe s'obstinent-ils à se vêtir quasi-exclusivement de jellabas blanches et transparentes qui laissent apparaître le tricot de peau en dessous ? Au nom de quoi faudrait-il se farcir une émission aussi pénible ? Pris d'un accès de lucidité, le Guercifi zappe et tombe sur… tatataa… Rotana Clip ! Par les hasards des attributions de fréquence, la chaîne libanaise de
vidéo-clips jouxte les oulémas en colère. Autrement dit, les barbies bordent les barbus barbants. Sur Rotana, c'est le délire. L'écran est divisé en trois, comme sur Bloomberg TV; à gauche, il y a une sorte de vote par SMS dont l'objet demeure obscur. En bas de l'écran défilent des dédicaces du type : Jassim de Dubaï se meurt à petit feu parce qu'il aime très fort une fille aux grands yeux dont il ne peut pas dire le nom sinon ses parents l'égorgent mais qui se reconnaîtra sûrement et à qui il dédicace cette chanson avec tout le respect dû à sa famille bien sûr. Le reste de l'écran est consacré à l'objet même du délit : le vidéo-clip. Comment vous dire...? Nous sommes très clairement dans le registre érotique, tendance lourde. La chanteuse, apellons la “Mahlaba”, exhibe sans complexe une poitrine capable à elle seule d'alimenter une maternité ou deux. Lorsque la caméra se décide à quitter la poitrine de mademoiselle Mahlaba, c'est pour se diriger sans perdre de temps sur son postérieur, moulé dans un pantalon plein à craquer. De temps en temps, on nous montre le visage de Mahlaba, une sorte de résurrection de Néfertiti, ou du moins de l'idée qu'on s'en fait. Il y a aussi un homme, dans l'affaire. Un bellâtre tendance ténébreux qui passe son temps à se recoiffer au ralenti. Mahlaba et le bellâtre se tournent autour, s'allument comme des fous mais ne se touchent jamais. Ah oui, j'ai oublié de vous parler de la musique. En fait, j'ai même oublié la musique. D'après mes souvenirs, une vague soupe sans intérêt, un truc insignifiant. Pas nul, non, insignifiant. Inutile, tant le débat est ailleurs. Le clip dure trois minutes, puis il y a un générique de cinq minutes et un nouveau clip du même goût redémarre. Zakaria Boualem reste la bouche ouverte... Il ne connaissait pas l'ampleur du phénomène. Il a loupé un épisode. évidemment, Mahlaba est chrétienne, ou fait semblant de l'être. Donc l'honneur est sauf. C'est une arabe chrétienne, donc on peut la regarder sans se dire qu'on déshonore la oumma. Tout le monde se rince l'oeil et tout le monde est content. Pendant ce temps, juste à côté, les barbus se demandent encore si on peut se “déshabiller pendant l’acte sexuel”. Ils annoncent que la semaine prochaine, ils vont répondre à la question : “Peut-on se déshabiller sous la douche ?” Sans être spécialiste, Zakaria Boualem a la nette impression que la oumma ne va pas très bien dans sa tête "


Shit!

Colère contre l'impuissance, contre le système, contre moi même.. Qui subit ou qui se révolte sans pour autant parvenir à changer quelquechose.. Je suis comme tout le monde , je ne vaux que mon salaire pour lequel je travaille et que je gaspille. On m'a appris que le travail est sacré et que pour vivre il faut travailler, on a oublié de me dire que pour travailler, il faut subir..
Sytème repressif.. Je t'exècre. Petits employés courant dans les jupons du système ajustant ces longueurs pour ne pas en faire voir les jambes mutilées et vous protégeant dans leurs ombres: Rappelez-vous que les loques tombent toujours mais en attendant oubliez et vivez le rêve des colonisés inconscients.. Vous ne serez pas épargnés.

mercredi, février 01, 2006

Sale journée

Chacun son heure de gloire.. je le répète sans cesse.. A quand la mienne? Elle a un peu tardé.

lundi, janvier 30, 2006

Dark

Sombre comme le fond du puits
Qui susurre son noir
Dans les oreilles des pierres muettes

Le regard dicte ses pensées au miroir
Pour entrevoirle reflet

En face
Un visage criblé d'yeux
Le toucher est glauque
La peau tranpire la haine
Progéniture d'une douleur silencieuse d'impuissance

Le Noir émane de l'intérieur
Hypothermique
Crisse au contact des parois
Cherche la faille
Pour filer
Dans l'obscurité, il se fraye un chemin
Titubant vers la sortie

Dans le reflet, le corps frissonne
Hypothermique, isothermique
Dans les replis d'une canicule humide

A l'intérieur
Le noir s'étale
Diffus

Et il gicle en dehors du corps
Dans une hémorragie orgasmique

Le corps est fontaine
Rugissant de Noir
Total, absolu
Habillant la nudité frileuse
De mots
De caillots de haine
De lames de larmes à en couper la peau

Le Noir se révèle
Somptueuse obscurité
Crachant sa couleur
Envahissant l'espace
Etouffe la transparence
S'étale dans l'infini
Sirote la transparence

A l'intérieur
Le mercure grimpe pendant que le corps continue à vomir sa colère.

jeudi, janvier 19, 2006

Vertige

Telle une enfant
Elle marche
Sur le bord du puits
Bras tendus


Acrobate

Sur le bout des pieds
Elle raconte à l'eau profonde
Le conte de la veille


Rien à se dire
Tout à dire à l'eau


Dans un dialogue mental
Sans prononcer un mot


Déverser les phrases dans les profondeurs

Les pensées
En silence
Sortent par les mains et les pieds
Noircis par les lettres

Engloutis par le trou affamé

Moment d'enfance
Risque innocent
Défier le puits

"Je te donne mes mots, tu me laisses debout"


"Je te livre mes pensées, tu m'offriras le silence "

Somnambule
Elle continue
Le puits a le vertige
Frôle l'ivresse
A saturation


Elle

Elle tourne

Dans un parfait équilibre inconscient
Affole l'eau du puits
Et lui retire son calme cérébral

Elle tourne
En esquissant un sourire paisible
Alors que le puits pleure son eau débordante noircissante sous ses pieds
Nourrissant les champs assoiffés aux alentours.

lundi, janvier 16, 2006

Empreintes d'âge

Elle tend la main et touche les failles sur la face de l'âge
Les rides enveloppent le monde de leurs empreintes
Les rides marquent les vagues de leurs lames
Les vagues grondent de douleur et déversent leur écume sur le bord de la terre et touchent ses pieds compatissants Elle s'accroupit, essaie d'attrapper l'écume de son âge qui défile entre ses doigts. elle porte sa paume à ses lèvres pour goûter à sa vie. Le goût est amer, elle ne le reconnait pas. Une haine passionnée, des fous rires salés et des images acides. Elle attend, l'arrière goût est peut-être sucré.. Rien.. Le bonheur est insipide, pense t-elle..
Elle porte l'eau à ses cheveux pour en laver la blancheur, à son visage assoiffé de douceur et le lisse de ses doigts séchés par le vent ingrat.

lundi, décembre 26, 2005

Voeux d'un troubadour

La nuit fait pleuvoir ses étoiles... Et le vent fige mes pensées et glace mes voeux au point de les fracasser.. Le contact avec le réel les volatilise et je ne peux plus les rattrapper. Pourtant, ce ne sont que des voeux, rien de concret, intouchables, aériens, irréalisés et peut-être même irréalisables... Je ramasse ce qu'il en reste avant l'effritement, je les recompte et je reconstitue ma liste de voeux manquants. ça tombe bien, j'aurai probablement à me défaire de quelques uns.. pour les remplacer par de nouvelles causes vaines et incorrigibles.. Je les compte et les vérifie comme de vieilles pièces en cuivre échappées du tirelire brisé..
Je reconstitue la liste..


J'ai du mal à retrouver la naïveté..

On commence par la voie facile
Famille Santé réussite


Un peu plus compliqué, l'amour.. Je ne m'attarde pas, je rajoute juste la pièce, le Père Noël comprendra..
Gloire et beauté..:) c'était juste pour le dire, inévitables après "amour"

Bon je diverge, revenons à mes "souhaits"..

Que ceux qui m'aiment continuent à le faire, grâce à eux je tiens debout comme l'effet des forces de Van Der Waals
Que ceux qui ne m'aiment pas continuent.. mais loin de moi.. Ou près si ça leur chante, ça leur permettra de ne pas dormir dans mes moments de bonheur et de se poser des questions quant à mes sourires permanents quand tout va mal.

Je rajoute une nouvelle pièce qui n'existait pas auparavant, nouveau besoin apparu chez l'enfant tapi, la sécurité. Elle éliminera mes sensations de cardiaque tous les matins, mes réveils insignifiants en sursaut 4 ou 5 fois, mes angoisses, mes inquiétudes, mes questions qui sonnent et martèlent mon cerveau, mes phobies..

Un autre, l'insouciance, celles des vacances scolaires d'été..
Un autre encore, l'argent.. Pas des liasses et des liasses mais en avoir sur mesure pour moi et assez pour faire plaisir à ceux que j'aime.

Je souhaiterais aussi que la magie existe pour des journées plus longues et un soleil permanent..
Et éliminer les parasites et les futilités des conversations et de ma vie..
Quoi d'autre, être libre, sans boss, et non pour dire ce que je veux parce que c'est déjà fait, je devrais souhaiter la liberté aux refoulés et frustrés de la vérité dans tout domaine et un déboucheur pour récurer les oreilles des pseudo-sourds qui n'entendent que ce qui les arrange, de la résistance à ceux qui se sentent concernés..
Manque le voeu désespéré de la paix, j'hésite.. Bon je le rajoute quand même, pour ma conscience, et puis, qui sait..

Je rajoute encore quelques pièces, je n'ai plus en tête tous mes voeux d'éternelle insatisfaite, je les appellerai mes voeux bonus..

J'entoure mon ruban de satin vert autour du tissu renfermant mes pièces, je l'accroche à ma fenêtre.. A chaque coup de vent, le tintement chantera mes voeux aux étoiles qui filent..

jeudi, décembre 22, 2005

Non vie

Hier soir.. Ma soeur et ma cousine entrain de regarder un film égyptien. Une vieille actrice pleure toutes les larmes de son corps, se frappe le visage, bref vous voyez, un film égyptien quoi! Je demande aux 2 folles dingues qui suivent l'histoire ce qui se passe et elles me répondent: " sa fille a couché avec son copain et la mère vient d'apprendre que la jeune demoiselle n'est plus vierge". Putain se mettre dans un état pareil!!! Je ne dis rien pour autant... La scène m'horripile.. et elle me renvoie vers un fait dont j'ai entendu parler quand j'étais petite.
Il s'agit d'une jeune fille de 18ans qui habitait le quartier de mes grands parents; elle a été violée en rentrant chez elle aux environs de 20h. ça a été le scandale, j'étais jeune et je ne comprenais pas vraiment l'ampleur de la chose. Je voyais surtout que c'est un tabou et qu'on n'en parlait à voix basse autour de moi. Ce que j'avais entendu dire ensuite, c'est que la fille ne sortait plus du tout de chez elle, non parce qu'elle était traumatisée mais parce que sa famille avait honte...
Je ne connais pas la fin de l'histoire et je ne sais pas ce qui m'a pris à me souvenir de ça.. Alors je monte voir ma mère pour lui poser la question et elle me dit: " elle s'est mariée avec un vieil homme de 70 ans, et l'homme en question est décédé 2ans après"..

Subir une agression pareille, porter la culpabilité de l'agresseur toute sa vie , rompre les ponts avec la société pour ne pas assumer la honte, démolir l'épanouissement sexuel pour oublier le corps "handicapé" et finir sa vie en veuve... Tout ça, et pas vraiment à cause du viol mais surtout d'une perte de virginité, une membrane physiquement insignifiante dans le corps. Je pense que si elle avait perdu un rein ou une main, ça aurait été moins grave pour sa famille et son entourage.
J'écris ce post juste parce que je suis dégoûtée et non pour lancer un débat futile et sans issue autour de la virginité ou la fatalité du mariage (c'est une autre paire de manche).
Certains me diraient que les temps changent et que les mentalités évoluent, d'autres me vanteraient les éloges de la virginité et son importance sociale et/ou religieuse. Je ne dirais rien, je suis juste écoeurée.

lundi, décembre 19, 2005

Les 5 chôses

As promised to Nostra afendi...

5 choses que tu aimerais faire avant de mourir:
  • Partir à Madagascar
  • Assurer l'avenir de mes éventuels futurs gosses
  • Etre reconnu professionnellement dans mon domaine
  • Sortir un bouquin
  • Massacrer les chieurs et les lèches culs.

5 choses que tu sais faire:

  • Chanter
  • Bosser
  • Cuisiner
  • sourire
  • écouter


5 choses que tu ne sais pas faire:

  • Manger avec les baguettes chinoises
  • Coudre
  • Bien rouler les "r"
  • Tout ce qui peut être lié à l'électronique
  • Retrouver une chaîne à la télé quand elle disparaît

5 choses qui t'attirent le plus chez le sexe oppposé:

  • L'intelligence
  • L'humour
  • La carrure
  • Le sourire
  • Le style


5 choses que tu dis le plus souvent:

  • c'est grave
  • Putain
  • Ah ouais
  • Merde
  • Fé chier


5 personnalités qui te plaisent :

  • Sean penn
  • Madonna
  • Batman ( mon superhéros préféré)
  • Gad el Maleh
  • Mon boss ( non je plaisante:))

6 personnes que tu aimerais voir répondre à ce questionaire:( je sais qu'il en faut 5 mais moi j'en ai 6):

  • Tom
  • Nothing just illusion
  • Imed (mm si je sais kil aime pas ça)
  • Zizou from Djerba
  • Cobragold
  • Sam

mercredi, décembre 07, 2005

Un bout de matinée "trouble"

Je commence à m'en rendre compte depuis quelques jours.. Je n'ai jamais eu autant de mal à me réveiller. Chaque matin est une souffrance, j'ouvre mes yeux et je commence à me dire que je manque de sommeil, que je n'ai pas du veiller, qu'il fait froid, que de mon petit monde en paix , je vais passer au parcours quotidien du combattant, les lumières, les bruits, la circulation, les gens, le harcèlement au boulot. Puis je me dis, merde! Je vais devenir cardiaque à ce train là. Après mes lamentations ( les mêmes que je me récite tous les matins), commence ma révolte.. qui malheureusement, ou heureusement, reste intérieure.. Non ça ne peut plus durer! Il faut arrêter! c'est quoi cette vie? et c'est quoi ce boulot et ces collègues et ces patrons arrivistes?!!! et cette ambiance de hammam.. La parlotte, la parlotte! il a dit, elle a fait, j'ai vu, on a entendu.. Mais qu'est ce que je fous dans ce système défaillant?

En plus ce froid, ah si je pouvais hiberner!!!! ça me permettrait de gagner une saison par an, je serais tjrs de bonne humeur, je ne connaitrais pas la souffrance du froid des mains et pieds, je n'aurais à me couvrir de 6étages de couvertures (eh oui, c'est vrai) et d'attendre que l'eau chaude arrive (ça dure quelques secondes mais c'est une éternité si on a déjà ôté ses habits) et de grelotter à chaque coup de vent causé par une porte ou une fenêtre ouverte.. Ah, le froid!! Quelle misère!

J'arrête de nourrir ces pensées, je suis bête de ressasser ce même scénario depuis des semaines. Il est 7h30, il faut que je me décide à me lever. Je suis déjà sûre que je vais rater mon métro. J'économise un peu de temps en faisant abstraction du petit-déjeuner et je sors. Taxi, boulot, bonjours, sourires, et voila mon collègue qui fait le chien derrière le boss avec toutes les tactiques de lèche qui existent, et qui n'existent pas d'ailleurs.. Je suis dégoûtée, mais je souris intérieurement et j'essaie de me demander comment il fait pour mettre toute la dignité humaine de côté pour une poignée de pouvoir mêlée d'irrespect.

Bonjour, ma journée vient à peine de commencer..:-)

mercredi, novembre 16, 2005

Red Dancer around the Sun

La natte
Par terre
Emmène la poussière du temps

L'esprit allégé
Aéré par les brises des voiles
Balance
Doucement
Sur des notes incertaines

Un coup

Son pied fracasse le sol
Le réveille de sa torpeur
Les bruits de sa robe rouge
Et la traine balaie le sol
Et ses souvenirs

Un coup

Fait vibrer la tombe des coquelicots
Et les échos étouffés


Coups de talon
Traits immobiles
Aigris par le rôle


Dans sa tête
La douceur la ramène aux nuages qui lui apprendront à voler


Vol dansé
Silhouette rouge autour du soleil
Et les roses sanguinolentes en tombent à chaque claquement de castagnettes


Et elle danse sur ses mots bleus

Ses lettres la grisent
Balancent ses pas
Ses bras


Sa robe se relève, retombe
Et sa traîne ramasse les phrases
Insaisissables comme ses rêves d’illusion


Tours brusques
Gestes en coup de vent
Elle étale l’air à chaque mouvement

Et ventile le soleil asphyxié par sa chaleur orange

S'en approche à l'épouser
à le séduire
à le modeler
à l'affiner
à l'adoucir
Se consumant à chaque tour

Aube
Le soleil apparaît avec son rouge dansant.

mercredi, novembre 02, 2005

Epilogue des songes

Regards
Dans l'oubli
Ton visage est le reflet de mon miroir
Et l'hymne dans mes oreilles
Résonne
Dansant
Flottant sur des mots qui ne sont plus miens

Souffles
Passées sous des roues
Effrités
Annulés

Tes doigts
fantomes sur ma peau
murmurent le songe

Mensonge

Tes mots sur mes lèvres
Brouillon de mes pensées

Tes mots sur des feuilles frissonnantes

Froufrous de draps
Caresses à fleur d'âme

Mes empreintes remplacées
Tes empreintes tatouées

Elle se réveillait
Le regarder et figer le moment dans sa mémoire
Sa terre promise et son pain sans cesse chanté
Elle
Continent
Lui
Ile batarde
Disputée

Dans ma mémoire
Une ombre
Et le linceul d'un moment
Et une terre déchirée
Par des souffles entrecoupées

Etouffement
L'air angoisse
Sans tes lèvres déposées dans ses creux
Brûlant dans le magma des oublis
L'air perdu dans ses spasmes sanglotants
Remue mon âme
Enracinée dans tes mains

De notre marche
Tu t'écartes
prends ton chemin

Devant moi

L'ébauche
Rêves en explosion mousseuse
Je cherche les nôtres
Tu as pris les tiens

Je tourne le dos
Je ferme la porte du prochain songe..

jeudi, octobre 27, 2005

Return??

Pure erreur, mon conscient me dirait.. En stand by depuis des mois, je travaille à oublier, je détourne les douleurs, je les transforme en acharnement et en fatigue. Je suis vidée, à gommer les jours, les traces et les empreintes, je ne fais que survivre. Je ne me pose plus les questions auxquelles je n'ai pas de réponse et que je n'ose pas poser pour ne pas réveiller le mal.
A la chaîne, pas de répit. L'humain est ingrat mais pas le travail. Je deviens "travail" pour oublier mon côté humain en agonie. Des sourires pour masquer mon nouveau moi, insensible.

Détachement de mon petit "club virtuel", j'aurais peut-être perdu mes lecteurs.. Tant pis pour moi.
12h, 13h d'acharnement devant un écran qui devient mon principal interlocuteur, avec un combiné et des histoires à ne plus en finir.. Je fais face à la corruption, à la bêtise, au non sens et à mon épuisement.
Je rentre, et je sélectionne ma chanson du jour, une seule pas plus, je n'aurai pas le temps. J'entre vite dans le monde des rêves, ou plutôt dans celui de la réincarnation de la foule quotidienne.. Statististiques, questionnaires, chiffres, noms, téléphones...
J'essaie de reprendre, je promets de reprendre pour m'y obliger. Certaines choses me manquent. J'ai 24ans depuis 2jours. Etonnant d'avoir la certitude d'avoir tout vécu en 24ans.
Je ne suis pas malheureuse, je ne nage pas dans le bonheur non plus malgré certains bons moments que j'arrive encore à attrapper. Je flotte dans un monde fluide et neutre, un fleuve ou 2 courants s'entremêlent, inutile de bouger ou de se battre, je reste toujours sur place. Faut-il que je change la carte de mon destin pour l'adapter à cette neutralité? Faut il changer mon monde pour continuer à suivre la carte? Prise d'inititiative 0. Je suis trop lâche pour changer le cadre et de toute façon le résultat est loin d'être garanti.
Un bout d'explication d'une absence injustifiée..

mardi, octobre 11, 2005

Post-léthargie

Trébuche sur le terrain glissant
Malgré l'absence des obstacles
Touche les cailloux imaginaires
Les orteils nus en sang


Marche encore vers la lumière

Sombre
Invisible


Touche l'air et embrasse le vent qui sèche les blessures

Imagine son parfum

Bergamote

Oublie les éraflures du temps

L'âme dispersée en grandiose pyramide

Etre pierre
Incassable


Insaisissable
Etre temps


Prend le soleil entre le pouce et l'index
le faire revenir en arrière

Refaire les journées
Refaire la chaleur
Sécher la sueur de la longue marche
Déserrer les poings

S'assoier

Regarder

S'imaginer au bout de la route

Fermer les yeux
Semblant de sourire

jeudi, septembre 29, 2005

Léthargie

Léthargique
Il titube dans le couloir
Cherchant une lumière
translucide
à peine existante
il s'accroche
en l'air
a lui même
apnée vitale
Il rêve pour respirer

Perspective transparente
Il veut l'attrapper dans le vent
Dans une sombre ivresse
Le but est si loin
incertain
Déambule encore
Avant que la machine du temps ne le rattrappe
Décomposé
Masochiste
Mourir debout

mardi, septembre 06, 2005

Ivresse muette

L'esprit tourne à 180°..
Une autre vue de la face du monde et de l'humain.. La lucidité s'effrite, la vision de moins en moins claire. Confusion totale, haine de l'indifférence.

En silence.

Un corps bouillonne .

En silence.

Se Ramasser, Ne rien laisser giser sur le sol, bien retrouver le puzzle.
Ne pas laisser voir.. ou entrevoir.
Parfaite statue mobile. Le sourire est virtuel.
Se noyer dans l'océan, dans le mutisme.

En silence.
Dormir, inhiber le rêve, les images, les pensées, les voix.. Tuer le souvenir. Continuer le sourire.
En silence.

Changer de cap, de face, de vie, s'investir ailleurs. Prendre le temps, cueillir la lumière, toucher le soleil du doigt. Se consumer mais revivre.

En silence.

Arracher la souffrance de l'intérieur. La verser sur une chanson.
Danser et l'écraser du pas de chat. Les pieds tambourinent la terre, la tête dans le ciel, près des astres.
Se saoûler de la mélodie infinie comme la soif. Inassouvie comme le rêve. Tourner et tourner. Centrifugeuse.

En silence.
Dans le vertige, oublier même la musique, continuer les pas sur le tic-tac du coeur réincarné et les tours avec les astres négligés.
Bouger leurs volcans endormis, réveiller leur chaleur.

En silence.

Leur donner un peu de vie
Prendre leurs couleurs. S'enduire de leur peinture et jeter le reste sur la Terre.

jeudi, septembre 01, 2005

Ne plus hésiter
Reposer le regard de l'aigle
Sous la peau
Libérer les ailes emprisonnées
Libérer l'insouciance
Lâcher les mots en flots, en chutes
Laver les fards
Trouer les formes siliconées
Réveiller le peuple impossible
Secouer les cerveaux auto engourdis
Animer les membres
Etre echo de la voix libre
Marre des kamikazes désespérés
De l'amour muet
Des âmes ébréchées

Ma terre
Papillon ivre de ses couleurs
Echappe au feu de justesse
En sort aveugle
Trébuche sans arrêt
Les obstacles lui brisent les ailes

Seule
Je chante, je dors, je dessine une vue de la vie en attendant qu'elle m'ouvre ses fenêtres

Je crois encore aux pouvoirs de la lune coléreuse qui jettera un sort aux brigands et aux malfaiteurs
Le bien le mal l'injuste justice
Les gentils méchants
Les méchants gentils

Je crois en la fée de Cendrillon qui fait du pauvre un prince
La belle au bois dormant qui se réveille à temps pour sauver ce qui reste
Je continue à croire
Je ne suis qu'un enfant
Je ne suis qu'un enfant.

Le Grotesque Sublime: "La Mouche"

Envoûtante chanson du groupe Ginkobiloba qui a choisi de mettre tout son talent et toute son énergie au service d’un métissage afro latino méditerranéen passant aussi par le gospel, le reggae et la chanson française. Des textes émouvants, engagés, pour toucher l’Autre là où l’on se ressemble tous.

J'aimerais être une mouche pour me poser sur ta bouche
Et sans en avoir l'air

Comprendre tes mystères
M'envoler dans tes mots

Et me rouler dans le flot de tes paroles éphémères
J'aimerais être une mouche
Pour survoler ta couche et harceler tes amants qu'ils ne te touchent
Déshabiller ta peau et me rouler sur ton dos
Sans craindre l'imaginaire

J'aimerais être une mouche
Pour boire l'eau de ta douche
Et sentir le parfum de ton corps si farouche
Te surprendre au beau matin sans pareil ni retouche
J'aimerais être une mouche pour survoler ta couche et harceler tes amants qu'ils ne te touchent
Déshabiller ta peau et me rouler sur ton dos
Sans craindre l'imaginaire

J'aimerais être une mouche
Une mouche manouche pour te suivre à la trace
Sans la peur du temps qui passe
Et passer tout mon temps à claquer mes ailes au vent
Et puis s'envoyer en l'air

J'aimerais être une mouche
Une mouche manouche pour te suivre à la trace
Sans la peur du temps qui passe
Et passer tout mon temps
A te murmurer le chant des amours qui nous dépassent

J'aimerais être une mouche pour survoler ta couche et harceler tes amants qu'ils ne te touchent
Déshabiller ta peau et me rouler sur ton dos
Sans craindre l'imaginaire.

samedi, août 13, 2005

En toute innocence

Sur la route de Ben Arous, Début d' après-midi. Une belle voiture passe à coté. Ce qui a attiré mon attention était d'abord la belle bagnole mais ensuite la plaque d'immatriculation: 4 chiffres et les initiales du prénom et du nom de famille du proprio.. je vous laisse deviner.. Tous égaux devant la Loi? Mon Q ouais!!

jeudi, août 04, 2005

Jeu.

De ma fenêtre, je regarde
Les passants
L'air est rare
Comme les humains
Immobiles dans le mouvement

Il est là
A attendre le regard
Emporté par la foule
L'attrapper
Le manger
Pour le garder en lui
Ne pas le laisser s'échapper

Je le lui jette
Mais le reprends vite fait
Je joue
Avec mes regards
En feu
Je triche
Je le torture
Tel un chat

Je le lui jette
Plein d'épines
Regard cactus
Il l'attrappe
Le lâche aussitôt
Et je le reprends

Il aime jouer
Son défi
La vie

Je le lui jette
Tout en feu
Le brûler
Venger l'être meurtri
Par les chasseurs de regards
Il souffre
J'en souris

Il attrappe le sourire
Le colle sur ses lèvres
Me lance son regard.

lundi, août 01, 2005

Indépendance, quand tu nous secoues!

Ici, une fille ne peut quitter le foyer de ses parents que lorsqu'elle se marie.. Je ne le conçois pas. Et si je ne me marie pas? A vie dans le foyer parental? Il est vrai que c'est plus facile, pas de loyer, pas de factures, pas de bouffe à préparer systématiquement.. Mais pour moi c'est vraiment difficile, je m'assume trop pour prévenir à chaque fois que je sors, pour me pointer à l'heure qu'il faut, pour regarder à la télé ce que tout le monde regarde à la maison. Je me dis que je suis comme tout le monde, que toutes les filles tunisiennes sont comme ça alors pourquoi est ce que je veux faire la différence? d'ou me viennent ces idées? Est ce que c'est parce que j'ai commencé à travailler assez tôt dans ma vie? J'ai peut-être un peu trop pris goût pour l'indépendance.. Des propos pareils feraient un scandale dans ma famille, et pas seulement dans la mienne d'ailleurs. Si je me décidais à déménager, j'imagine le pire! Je serais bannie par toute ma famille et puis je donnerais aussi "mauvaise impression" dans notre chère société bourrée de tabous mais ça je m'enfoue un peu quand-même. J'aime ma famille, mais je veux un chez moi sans pour autant me marier. Je ne cherche pas de solutions, y en a peut-être, peut-être pas. C'est pas vraiment un problème actuellement mais ça viendra. Juste une reflexion. "Heureux les simples d'esprit!"

Meet Up IV

Je comptais écrire ma version du meet up IV dès samedi à 7h du mat, heure à laquelle je reprenais le boulot.. Mais bon, si vous connaissiez mon boss et j'espère que vous ne le connaîtriez jamais, vous comprendriez ce retard. Il était là à 6h45!!!! Du coup, j'ai du faire avec!
Commé prévu, c'était sympa puisque ça comblait un peu chez moi le sens de la découverte. De nouvelles têtes, La Guilde et sa charmante femme, Ojja bel Caviar, 7ammadi, l'adorable Infinity, et nouvelle seulement pour moi, vu que c'est mon 2ème meet up, La Bloggeuse.
Les Incontournables manquaient et ça se voyait, à savoir le national Adib, le ténébreux Chikipi :)) et les boudeurs Karim et imed;). Et pour ceux ki boudent pas de comments agressifs sur mon blog pleaaaazzzz!!!:) Et de toute façon j'espère que vous serez là les gars quand on s'invitera chez Adib fi Quelibia! (Adib, Bonne Chance!)
Une nouvelle question dans les présentations proposée par Drako a eu un grand succès: "win toskon enti?":)) Pour les personnes n'ayant pas été présents et qui ne comprennent pas l'intérêt de cette question, c'est normal, ça n'a aucun intérêt!:)

Beaucoup de rires et de sujets sur le tapis comme prévu, de suggestions sympathiques, intéressantes ( demandez à Marwen) ou inintéressantes, d'autres sujets assez épineux comme l'autocensure et ses limites comme ses débuts aussi ( je laisse méditer les uns et les autres...) et les sujets provok de Zizou qui cherche à récolter les comments et qui n'arrêteront pas de choquer la sublime Aquacool!:)

Voila pour ce meet up! En attendant el proximo!

dimanche, juillet 24, 2005

Dialogue sourd

Je lui dis: " Putain réveille toi!"
Et elle répond: "Je suis réveillée"
- Et ce regard?
- Laisse moi tranquille!
- Arrête de penser à ces conneries, tu vaux mieux que ça!
- ça c'est toi qui le dis
- Et je ne suis pas la seule..regarde toi!!
- Je me vois justement, j'essaie mais c'est dans ma tête et ça ne veut pas disparaître.
- C'est quoi ton problème?
- Et toi c'est quoi ton problème?
- Il faut continuer
- Je continue
- Non t'es passive
- Je ne suis pas passive, je suis triste et fatiguée de me battre.
- C'est la vie
- Oui c'est la vie, c'est normal, ça arrive à tout le monde, c'est pas grave... Je sais que la vie est injuste mais je ne savais pas qu'elle pouvait être aussi ingrate.

- Continue ce que tu voulais faire, tu as pris des décisions
- De quelles décisions tu parles? Tout laisser tomber?
- Tu as détruit pour reconstruire
- Et on m'a détruite pour reconstruire ailleurs.
- T'es nulle!
- Je sais, sinon je n'en serais pas là.
- Non t'es nulle parceque tu te laisses faire. Tu ne crois pas au Destin, alors relève toi et fais face au monde.
- Je suis debout
- Ouvre les yeux
- Ils sont ouverts
- Mais tu ne vois rien
- Il n'y a rien à voir
- Mais si!
- Mais non!

- Ton travail
- Et mes études?
- Et alors? Tu as mieux et tu peux faire ta vie autrement et c'est toi qui as choisi. Et c'est un mérite.
- Y a que toi qui le penses
- Non ya pas que moi, mais personne n'ose le dire ou le faire. Tout le monde suit ce petit modèle social.
- Ceux qui le suivent sont tranquils
- Justement, tu choisis le chemin difficile et puis tu prouveras qu'il y a plusieurs chemins pour y arriver et non un seul. Tu as dépassé tout ça, un peu trop tôt peut-être mais c'est tout à fait en ta faveur.
- Je me le demande justement.. A force d'aller contre le courant on finit par se noyer.
- C'est pas ton genre et le regard des autres, tu t'enfoues depuis toujours.
- Je suis fatiguée
- On se fatigue, on se repose et on reprend. C'est humain.
- Humain?
- Oui
- Je ne comprends plus ce mot. Je suis humaine?
- Tu te poses des questions à ce sujet?
- Alors les autres ne le sont pas. Ou c'est moi qui ne le suis pas et ce sont eux qui le sont.
- Mais qu'est ce que tu racontes?
- Je parle en l'air, tu n'es pas obligée de suivre
- Je te suis, je ne te lacherai pas tant que tu ne redeviennes pas celle que tu étais
- Celle que j'étais était ce qu'elle était parce qu'elle avait certaines choses et tout ce qu'elle faisait avait un sens et un but. Le but a disparu, il n'y a plus de sens.
- Tu en auras d'autres
- Mais pas les mêmes

- Tu ne dépends pas de ce que tu as mais de ce que tu es
- J'y crois plus
- J'ai envie de te foutre une baffe
- Vas y, je m'enfoue, ou jette moi un sort si tu veux me rendre service. Ou fais moi revenir un an en arrière, même plus si tu peux. Tu veux m'aider, alors je te donne la solution.
- Tu ne me facilites pas la tâche, accepte mon aide ou demande de l'aide à quelqu'un d'autre. Oublie ta putain de fierté!
- Autant oublier d'autres choses alors
- Qu'est ce tu aimes?
- Qu'est ce que j'aimais plûtot?
- OK, qu'est ce tu aimais?
-Tellement de choses!
- Par exemple?
- Ma terre
- Ta terre?
- Oui, on m'a appris à aimer mon pays, la terre sur laquelle je suis née, même si je n'y ai passé que la moitié de mon existence
- Et qu'est ce qui s'est passé?
- Elle n'a pas su me rendre mon amour.. Elle le rend à ceux qui la saccagent
- Quoi encore?
- C'est pareil pour le reste et je ne veux plus en parler..
Alors j'ai arrêté, non parce qu'elle ne veut plus parler mais c'est moi qui suis fatiguée. Elle m'a démotivée. Elle n'a peut-être pas raison mais elle n'a pas tout à fait tort non plus.J'ai décidé de m'arrêter la, une pause pour trouver d'autres arguments...et de réviser mes convictions.

jeudi, juillet 21, 2005

lundi, juillet 18, 2005

Blouzzzzz

Samedi.. John Lee Hooker Junior à Hammamet. ça valait le détour. Un copain prend les tickets pr tout le monde: 10dt debout. ça m'a fait rire de lire ça sur le ticket. 50dt juste devant hitoire de bien mater le chanteur, 20dt pour être assis de 2 à 10m plus loin et encooore plus loin les 10dt debout et c'est là ou les gens avaient l'air sympa et moins coincé du cul. Et puis de toute façon, on est jeune et c'est le moment ou jamais pour le tmarmid d'autant plus qu'on nous a dit que les barrières finissent par tomber et qu'on passe du coté des 20dt.
Bref, une première partie avec Momo le tunisien, un bonhomme plein de voix et de talent mais il lui manque un ti quelquechose, ché pas...
Arrive le tour de JL Hooker mais les places sont tellement vides et là arrive ce qu'on nous a promis, les CHAISES! Le peuple se mêle à l'élite (même si je pense que le peuble est l'élite). Mais à vrai dire on s'est pas vraiment assis.
L'objet de ce post n'est pas de décrire la voix, l'ambiance, le talent ou la musique. Tout ça est tellement évident, JL Hooker n'a pas besoin de ma promo et je ne ferai pas changer d'avis ceux qui ne sont pas intéressés par le blues. C'est juste que c'était tellement vide que c'est "con", il n'y a pas d'autre mot. Si on avait fait sortir les jeunes des boîtes, ça aurait créé un show d'enfer. Putain les boîtes sont ouvertes tous les soirs et jusqu'au matin et des concerts pareils, c'est tellement rare que ça vaut toujours la peine de faire l'effort de la découverte rien que pour dire par la suite qu'on déteste.
Pour fermer cette petite parenthèse (et puis de toute façon chacun fait ce qu'il veut et chacun tue la culture dans son pays à sa manière..), ce qui est marrant dans ce concert, c'est qu'on dirait que l'avion a déposé le mec sur scène et qu'il n'a rien vu de la Tunisie. Il a passé son temps à répéter: "I'm glad to be here in the mother land of africa: Tunisia!!" Ou encore, "I love Africa, Tunisia I love you, I love the jungle!!" Il se mettait aussi à imiter les lions , les éléphants et même à un moment donné les chiens ou il demandait au public de répéter derrière lui des aboiements. Et tout le public aboyait, j'étais morte de rire! (même si au fond ce n'est pas aussi drôle que ça.. Vous imaginez si c'était à Carthage, tout Carthage qui aboie!) Hassilou le mec se croyait au Kenya!
Outre cette partie ridicule et que mon ironie ne met pas forcément en valeur( ama wallahi JLH junior était de bonne foi), c'était excellent! Autre chose, c'était autre chose.. Et la scène était tellement bien faite, très professionnelle, un décor parfait, la mer derrière, un bâteau. ça devrait susciter la jalousie de Tabarka, qui à mon avis, se repose trop sur sa renommée pour faire ce genre d'efforts de présentation. Ce serait pourtant tellement facile dans une ville aussi belle!! N'est-ce pas?

jeudi, juillet 07, 2005

Tournesol

Confiance
Dans le pas
Ta main
Sur sa nuque
Et tu la fais tourner

Toupie
Déambulant
Dans la rue
Respirant
La musique du vent nocturne

Dans le désert
Elle se prélasse
En silence
Fermant les yeux dévorants

Recommence
Le pas
Ta main dans ses cheveux
Tu la rapproches
Elle t'éloigne
Avec le regard
Sismique

Elle te guide
Etonnante
Du bout des doigts
Elle t'attrappe
T'arrache de ton monde
Te lâche
Le sol te réveille

Tu t'accroches
Au battement de ses cils
Elle s'endort sur ton épaule
Tu te venges

Insécurité
Qui mène la danse
Les pas se lâchent
Frénésie
Les mains ne savent plus qu'effleurer
Danse selon l'humeur du vent
La brise fait tourner les corps
L'un autour de l'autre
Impression de toucher
Sans toucher

Plus que le fil
Entre les regards
Maintient la fusion

Plus qu'un air lointain
Guide des pas
Garde des contacts

Stop
plus un geste

Qui es-tu?

Ignorance
Indifférence

Je tourne le dos

Et je m'en vais.

mardi, juillet 05, 2005

Relais muzik

3an Adib, 3ab Zizou, 3an Subzero:)

Total volume of music files on my computer :
mana3rafch

The last CD I bought was:
ça fait dejà qq tps, c t un mp3 avec l'intégrale de Anouar Braham.

Le titre sur mes platines:

Carole Samaha: je ne sais pas comment s'appelle la chanson, mais elle est en égyptien et elle est au ciné dans le clip)

Six songs I listen to a lot, or that mean a lot to me : (je sais ke la question se pose pour 5 chansons mais moi j'en ai 6 dc je me permets de personnaliser le jeu:))

Tracy Chapman: Subcity_ Crossroads
George Michael: Brother can you spare a dime_ Songs from the last century
Silencio: Buena Vista social Club
Craig David: Spanish
Scorpions: May be I may be You
Connels: 74 75


Je passe le relais à Infinity, brizzz, Karim 2K, Yamen, Marwen bloggin' his life.
@+

lundi, juin 27, 2005

First Meet UpIII

Un petit changement dans le style de mes posts, et c pr la bonne cause!
G l'impression que tout le monde a écrit sur ce meet up sauf ma misérable personne.. et pour cause: Je bosse interminablement!!!!!
Bon revenons à nos moutons, a real pleasure ce meet up.. j'y suis allée au départ sans grande motivation, juste par curiosité. La question que je me posais, c "comment je v les reconnaitre???"je v debarquer comme une fleur pr dévisager les groupes. j'aurais du leur dire que j'aurai une rose dans les cheveux, ou je serai habillée en blanc..:)) bref, le genre de trucs que je ferai jamais!
Heureusement, "Diana Magasine" was here and he saved my life!
Du monde affluait au fur et à mesure, tous le sourire au visage, ça fait plaisir.. Bcp de rires, de sujets sur le tapis, on veut parler de tout, on n'y arrive pas vraiment, le temps passe tellement vite... tout en agitation, tout en bonne humeur, tout en plaisanterie, tout en serieux.. Un grand sens du débat..
Apparemment, du monde est resté jusqu'à 1h du mat!! Rien que pr ça, j'aurais voulu être un mec!:)) pr ki on ne s'inquiète pas quand il tarde et qu'on ne harcèle pas toutes les 15mn pr rentrer! Etre mec aussi pendant le Ramadan serait pas mal, je jouerais aux cartes jusqu'à 3h du mat avec les mecs du quartier et on parlerait de foot, de voitures, de politique.. Mais qu'on ne se meprenne pas, j'aime être fille!!:)
Re Revenons à nos moutons!
Mouse Hunter, blogger anglophile, m'a un peu reproché de pas faire de mon blog un espace ou je raconte un peu mon quotidien comme tout le monde.. ma réponse c'était" je veux provoquer l'imagination". Ceci dit , il a raison, et ce post is probably the first step..
En parlant d'anglophiles, je promets que je v faire des efforts!! Surtout par solidarité féminine avec la seule bloggeuse présente lors du meet up: Aquacool.

Imed moi mm, Chikipi, Drako, Zizou, Subzero,Marwen; tous différents les uns des autres mais communs par cette passion blogosphérik.
ça a été quand même rapide, le débat continuait tout en étant debout mais il fallait se décider et partir tout en pensant au prochain meet up.. J'ai l'impression de décrire une communauté paradisiaque, on n'ira pas jusque là mais c t vraiment sympathique.
Sur ce, gotta go, my lovely boss is calling me! Il aurait une syncope s'il tombait sur moi entrain de blogger en cette heure de pointe de boulot et comme g pas la langue ds la poche, je préfèrerais éviter les situations difficiles..

jeudi, juin 16, 2005

Assymétrie

Rien que le temps
Et l'air
La faim
L'Envie

Dans les creux
Prières aigres
Remontent comme la fumée
Défient la pesanteur

L'Envie
En boucle
Alimente l'ambition
Féconde le rêve

Nomade errante
assoiffée
Tête en haut

Le ciel crachera t-il sa haine mouillée?

Elle

Attend
La bouche ouverte
Récolter les gouttelettes

Survie
Jusqu'à la nuit

Il guette la lune

Elle

lui prêtera ses yeux

Lui

Lui dessinera les dunes rondes

Elle

Voyagera dans les courbes

Pour oublier les formes du corps dévasté
Par l'oubli

Il prendra ses mains
Dans ses rêves
Garder éveillée son Envie

Lui

Ses envies d'ailleurs aériennes

Elle

Son ailleurs dans ses papiers

Et ses rêves coulent de ses yeux ouverts.

jeudi, juin 09, 2005

Ecrire

On dicte
Il écrit
Des phrases de tous genres
Des signes

Il écrit
Le possible
L'impossible
Puisqu'il ne le comprend pas

Il inscrit avec ennui
Machine
Et il conserve
Au fond des yeux
Les lignes

Le scribe reprend l'écriture

Il avait arrêté
Ses mots étaient ingrats
Stériles

Inspiration devenue cactus
Indomptable
Impossible
A approcher
Douloureuse
Déchirée

Reprendre
Dans le vague
A l'aveugle
Subir les dictées pour commencer

Puis attrapper les mots au vol
Et les coller
L'un près de l'autre

Peu importe le sens
Pourvu qu'il continue à graver

Le scribe aimait écrire
Mais la peine du monde lui arrache
Ses pensées
Ses mots
Ses plumes
Son encre

Il ne veut plus ecrire les mots des autres
Il ne veut pas non plus ecrire sa vie
Il veut ecrire d'autres mots
Comprehenibles
Ou incompréhensibles
Des néologismes
Des barbarismes
Peu importe le style
Peu importe la syntaxe

Regarder le ciel et ecrire
Ecrire les taches de sang
Ecrire la liberté
Comme tant d'autres
Mais différemment
Ecrire l'air
Ecrire l'eau
Ecrire la pensée
Tapie
Ecrire les couleurs

Ne plus penser à la haine
Ne plus penser a la peine
Ne plus penser à sa prison
Aux chaînes de son cerveau

Dormir dans ses papiers

Vivre d'encre
Mourir dans ses mots.

mardi, mai 31, 2005

Libération

Tu ne liras jamais ces mots, mais tu les connais déjà même si je ne les ai jamais dits.

La vie est dure, je l'ai toujours su. Moins dure parce que je t'avais, plus dure parce que je ne t'ai plus.
Je vivais, dans l'attente. Le bonheur, je le préparais, en actes et en pensées. Je le vivais dans ma tête et dans mes rêves et dans les mails et dans les coups de fil nocturnes, en attendant que tu sois là.
Je pense que tu ne comprends pas, tu comblais tes vides d'une autre manière, tu les comblais vraiment. Moi je faisais semblant, et ça ne me dérangeait pas pourvu que ça fasse passer le temps.
La, stoïque.


Je ne fais plus rien, mes pensées me dérangent, je les traîne. Les laisser chez toi, c'est ce que je veux. Chasser tout ce temps d'attente de mes souvenirs, te chasser de ma tête. Une cure d'amnésie. Je veux déposer chez toi mes rêves de toi, ma passion pour toi,tes roses et tes cadeaux pour moi, mes cadeaux pour toi. Tuer les preuves. Prends même mon coeur,je n'en veux plus, il ne fera que m'alourdir dans ma route et il n'est pas recyclable.
As tu été faible?
As tu été vrai?
Nos moments ensembles me torturent, les lieux très difficiles à franchir .
Rien à faire, l'impuissance de la distance.
Rien à dire, les mots sont muets.
Rien à penser, les pensées sont interdites.
Continuer en silence. Essayer de reprendre l'écriture, je n'y arrive plus. Alors je commence par me défouler sur les mots. Eux, sont toujours là.
Loin d'être pessimiste, seulement, la peine est grande. Un an à oublier le Moi, à penser à l'Autre. Encore du temps pour réapprendre, pour reprendre le puzzle et le reconstituer dans un nouvel ordre. Banaliser le temps passé. Couper le cordon. Changer de tête, changer les lieux et j'aurais changé mon âme si je le pouvais.
Ne me parle plus de destin, c'est la raison des faibles. C'est l'homme qui fait le choix et non son destin. Ton destin c'est moi et tu en as peur. Et la distance te joue des tours... Et ne me dis pas, "c'est Dieu", Dieu ne veut pas autant de mal à ses sujets. Mais inutile de revenir la-dessus, je veux tourner la page et faire si comme je n'ai rien vécu avec toi. Aller de l'avant et me libérer.

Les gens qui souhaitent le bonheur aux gens qu'ils ont aimé et qu'ils ont perdu m'étonnent. Avec tant de mal, je te souhaite de vivre malheureux sans moi et avec elle. Juste pour savoir la réalité du bonheur. Je ne veux pas te voir sourire. Tes sourires ne sont que pour moi et non pour elle. Je suis malade? Non je ne me voile pas la face et je ne joue pas les martyrs.
Tu m'as demandé si je t'ai maudit, tu dis que tu n'y crois pas mais ta question t'a trahi. Oui, je te maudis tous les jours, tous les soirs. Et même si je te maudis pas, tu seras malheureux. Rien à voir avec l'égo, c'est une réalité.
La vie reprendra, j'ai confiance, aussi dure, plus dure, j'ai encore du souffle pour continuer le chemin, toute seule. Je m'endurcirai moi-même autant qu'elle l'exigera. Et je ne dirai pas "c'est le destin". "Le destin" c'est la raison des faibles.

samedi, mai 07, 2005

Portraits

Ton bonjour
Dans mon oreille endormie
Réveille mes mains qui écrivent sur ton dos.

Graver
Toucher
Je te transmets l’histoire

Apprends la
Pour la réciter sur mon corps

Dans la chaleur du solstice

Comme un papillon
Je cherche
La lumière
Me brûler
Dans les couleurs de tes mots
Sur mon cou.

Plume
Crache
Tâche
Grandis
Disperse toi
Dessine

Mes mains dans tes cheveux
Mes yeux
Dans tes yeux
Tes yeux dans les tiens
Tes mains sous ta tête.

Corps
Rideaux
Murs
Draps
Je t’emprisonne
Dans les tâches

Je continue à nous regarder.

mardi, mai 03, 2005

Contes

L’ange balbutie
Lors de l’apocalypse
Son auréole s’est envolée
Le froid sur sa tête
Des jambes lui ont poussé
A la place des ailes.

Mendiant aveuglé
Par l’ablation de ses mains
En attendant que les ailes arrivent

L’enfant saisit le beignet au vol
Un peu de sucre
Ce qui manque à l’accomplissement de la parole
Et il chante
Les péchés fluides des hommes.

Un spectateur
Et sa main prêtée au mendiant
Il ne lui reste plus que ses joues
Pour applaudir l’hymne de l’enfant

Silence lisse et infini
L’Univers somnole dans son berceau

Le sifflement éjecte les débris

Chaos
Fragments muets
Dans l’expansion sonore

Lueur et ombre se touchent
Ne s’entremêlent pas.

vendredi, avril 29, 2005

Résistance

Tornade de fraîcheur
Dunes déprimées
Secousse
Pour retourner le sable
Aérer les grains.

Le cactus avale vite sa goutte de sueur
Avant l’emportement par le vent
Il sourit de ses épines
Il connaît enfin un autre souffle
Un autre bout d’air.

Soprano
Endurci par la sécheresse
Ténor aride
Dans l’humidité de la foule spectatrice
Peu importe
Tant que la voix existe
Et que le volume persiste.

Ramsès étouffe dans sa tenue
L’inconfort métallique
Au prix de l’Eternité.

Le désert est bleu au reflet du ciel.

dimanche, avril 10, 2005

Glissement

Même ciel, même soleil,
Même air elle respire
Mêmes visages elle voit
Même visage elle se voit.

Ces étoiles
Elles ont filé depuis des milliers d'années
Elles continuent a verser
Leur lumière
Sur l'écran noir de ses yeux.
Interminable tissu noir
Le masque du soleil criblé de trous
À travers lesquels coulent par hasard
Les voeux des spectateurs.

Dans la platitude, elle se fraye un chemin
Glissant dans ce labyrinthe de trous.
Elle aime la fluidité.
Sous ses pieds
Terre rugueuse.
Elle a failli oublier l'effet des surfaces lisses.

Un regard,
Une projection vers le haut
Pour recharger la Mémoire,
Ressusciter les sens morts
D’immobilité.
Et si elle sautait dans les trous?
Engloutissement de l'âme
L’esprit file déjà dans les couloirs
Du corps en ruines
Inhabitées.

Il coule
Recherche d'issue
Sortie par le bout des doigts, des orteils
Rassemblement
Tournoiement
Esprit errant
Momie laissée aux fanatiques
Ame absorbée dans les tunnels fluorescents

En route vers un coma ensoleillé.

vendredi, avril 08, 2005

Répétitions

Miroir
L’eau coule
En vert
Chantant
Le rire végétal
Déchirant
En boucle

Ramasse ta voix
Avant l’écrasement
Les pieds aveugles
Confondent les chansons

Miroir
Le vent brouille les pistes
Trop d’air se dispute
Les nez errants

Encore
Le corps semblable
Rejette les mains
Usantes